Voir, chap. ni, première partie
LA HIÉRARCHIE
maient comme les approches de la position de Michel Cerularius, il pénétra au cœur de la place et mit son adversaire en demeure ou de se soumettre à toutes les décisions de Rome, ou de se séparer d’elle entièrement.
Les légats, en effet, essayèrent plus tard de montrer aux Grecs par le détail toutes leurs erreurs au sujet des azymes. Pour le pape, dans sa première lettre, cette question n’existe même pas, puisqu’elle laisse supposer que la chaire de Saint- Pierre a erré et que Pierre lui-même a transmis aux Latins des usages défectueux. « Vous ne soupçonnez pas, dit-il à ses adversaires, quelle impudence il faut avoir pour soutenir que le Père Céleste a dérobé au prince des apôtres, Pierre, le culte ou le rite du sacrifice visible.... 1 » Soutenir cette opinion, c’est nier l’autorité de l’Eglise romaine, c’est refuser d’ajouter foi aux promesses que le Christ lui a faites d’après l’Evangile de saint Luc 2. « Se trouvera-t-il quelqu’un d’assezi insensé pour oser prendre en vain les paroles de celui pour qui vouloir c’est pouvoir? N’est-ce pas grâce au siège du prince des apôtres, c’est-à-dire de l’Eglise romaine, aussi bien par ce même Pierre que par ses successeurs, qu’ont été repoussées et extirpées toutes les opinions hérétiques et que les cœurs de nos frères ont été affermis dans la confiance en Pierre, qui n’a pas fait défaut jusqu’ici et ne fera pas défaut jusqu’à la fin 3? » Les Grecs sont donc mal venus à attaquer l’Eglise romaine, « plus de mille vingt ans après la Passion du Sauveur 4 ». Léon IX énumère, en effet, les quatorze hérésies des patriarches ou des membres de l’Eglise de Constantinople qui n’ont été étouffées qu’avec l’appui du siège de Rome. Ces reproches devaient toucher au plus haut degré des Grecs, si fiers de leur orthodoxie. Il semble que le pape se soit bien aperçu qu’il mettait le doigt sur une plaie vive, car il développe avec complaisance toutes les erreurs, toutes