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viandes étouffées et celle du Filioque \ Il n’oublie, en un mot, aucune des difficultés agitées entre Léon IX et Michel Cerularius. Quel que soit cet auteur, on est bien forcé de conclure qu’il vivait au moins à l’époque du schisme. Il se peut qu'il ne soit qu’un simple évêque que l’ignorance d’un copiste a fait passer plus tard pour un métropolite 1 2. Son traité montre, en tout cas, que l’Eglise russe était d’accord avec le patriarche de Constantinople pour réprouver les usages de l'Eglise latine, et il est vraisemblable que l’influence de Michel Cerularius ne fut pas étrangère à sa composition.
Si quelque doute pouvait, d’ailleurs, subsister sur les sentiments qui animaient l’Eglise russe au xie siècle, il suffit de constater que, dans la suite, les rapports les plus étroits l’ont unie à celle de Constantinople. Le successeur d’Hilarion, le métropolite Georges, était un Grec et il fît un voyage à Constantinople en 1073 3. Le successeur de Georges, Jean, était aussi d’origine grecque. L’antipape Clément III lui envoya, vers 1080, une lettre pour l’exhorter à travailler à la réunion
des deux Eglises 4 5. Jean lui répondit en énumérant de nou-
veau tous les griefs lancés par les Grecs contre l’Eglise latine. L’idée qui domine sa lettre, c’est qu’aucune entente n’est possible, si le pape ne se met préalablement d’accord avec le patriarche de Constantinople 6. Lui, dit-il, n’est qu’un des moindres métropolites, « 6 IXà^wroç p.7)Tpo7to)aT/iç 6 ». La véritable autorité est représentée « par le saint patriarche de Constantinople et ses métropolites 7 ». C’est à eux que Jean
1. Paulov, Recherches critiques, p. 308. Sur le sabbat, voir pp. 313-316; sur le mariage des prêtres, p. 317 ; sur les viandes étouiïées et le Filioque, p. 317.
2. C’est l’hypothèse de Strahl, Gesch. der russischen Kirche , p. 78.