‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 247 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

conjure le pape de s’adresser. L’Église de Russie était donc, au xie siècle, une véritable province du patriarcat de Constantinople et Michel Cerularius peut être considéré comme un des principaux auteurs de la séparation qui a toujours éloigné les Russes de l’Église romaine.

Au reste, ce n’était pas du côté de la Russie, mais de l’Occident que le patriarcat de Constantinople devait éprouver des pertes. Le milieu du xie siècle est le moment de son apogée dans la péninsule des Balkans, où la Bulgarie avait été reconquise et dans l’Italie méridionale, où le rite grec s’était introduit sans conteste. Mais ces succès furent compromis sous le pontificat de Michel Cerularius lui-même et le terrain perdu par les Grecs fut regagné par la juridiction romaine. Dans la péninsule des Balkans, la fondation d’un nouvel État de Serbie par Dobroslav, fils de Dragomir, autour du plateau de Dioclée, eut pour résultat un recul de l’influence grecque. Le même jour, en 1043, tous les fonctionnaires byzantins furent massacrés i. Le nouveau prince se mit en rapports avec le pape et obtint en 1043 que son état, soumis jusque-là à l’archevêque de Spalato, eût un archevêque spécial qui résiderait à Antivari et dont la juridiction s’étendrait sur toute la Serbie et la Bosnie 2. Plus tard, les historiens byzantins nous parlent de bons rapports entre le roi des Serbes et l’empereur Constantin IX 3, mais il est évident qu’au point de vue religieux ces régions échappèrent pour longtemps à l’influence grecque.

Dans l’Italie méridionale six métropolitains, ceux de Bari, Brindisi, Otrante, Tarente, Santa-Severina et Reggio, un grand nombre d’évêques et de monastères dépendaient encore, au moment du schisme, du patriarche de Constantinople. Quelques années plus tard, cette domination spirituelle était ruinée et, bien que le rite grec se soit maintenu presque

Page 1