CHAPITRE PREMIER
Une tradition persistante dans l’Église grecque veut que Michel Gerularius ne se soit pas contenté d’exercer sur les autres patriarches une action individuelle, mais que, comme autrefois Photius, il les ait réunis en concile œcuménique. Cette assemblée aurait compris tout au moins le patriarche d’Antioche et les métropolitains de Chypre et de Bulgarie; les autres patriarches auraient adopté les décisions du synode et rayé le nom du pape des diptyques de leurs églises. Malheureusement, aucun texte du xie siècle ne nous autorise à admettre ces affirmations. Ce prétendu concile n’est mentionné que par des écrivains tout à fait postérieurs, le moine, Mathieu Blastarès, qui écrivait au xive siècle *, et le chroniqueur Georges Phrantzès qui vécut de 1401 à 1448 1 2. Des erreurs de toute sorte et des plus grossières enlèvent toute espèce de valeur à leur témoignage. D’après Georges Phrantzès, ce fut le pape Étienne IX qui introduisit le premier, dans l’Eglise, et l’usage des azymes, et l’addition au symbole, et la coutume de se raser la barbe 3. L’empereur Constantin Monomaque, qui était pourtant mort quatre ans avant l’avènement d’Étienne IX, aurait présidé ce synode d’accord avec son patriarche 4. Il est inutile d’insister sur ces anachronismes, mais il n’en est pas moins intéressant de constater que le schisme oriental du xie siècle frappa assez les imaginations pour donner lieu à une légende que nous trouvons au plus haut point de son développement chez ces chroniqueurs. Il n’y eut donc, en 1054, d’autre acte solennel que l’Édit synodal, signé par les représentants des diverses parties du patriarcat de Constantinople ; mais il est certain