CHAPITRE PREMIER
la vraie foi des Orientaux et des droits de tous les patriarches.
La réponse que Pierre fit à cette lettre et à la précédente ne fut peut-être pas de nature à contenter Michel Cerularius. Le patriarche d’Antioche avait sur lui le privilège de l’âge et de plus, il le montre assez, il se considérait comme son égal et non comme son subordonné. C'est donc avec la plus entière liberté qu'il examine la question que lui soumet Michel Cerularius ; dans la lettre qu’il lui adresse on retrouve le môme esprit que dans sa réponse à Dominique de Grado. Il ne croit pas qu’un schisme soit nécessaire et conserve l’illusion qu’entre Rome et Constantinople un accommodement est possible : aussi il fait tous ses efforts pour qu’il réussisse. Il accepte donc sans contrôle toute l’histoire que lui a contée Michel Cerularius et il ne ménage pas son indignation à cet Argyros, à ce laïque qui a osé se mêler des affaires de l'Église *. De ce côté, Michel Cerularius a donc gagné sa cause, mais ce n’est pas là, d’après Pierre d’Antioche, un motif suffisant pour se séparer de Rome : aussi examine-t-il à sa manière toutes les difficultés qui existent entre les deux Eglises.
Il se défend d’abord, en son nom et en celui des patriarches, de mentionner le pape dans les diptyques 1 2, mais à ce sujet il se donne le malin plaisir de convaincre Michel Cerularius d’inexactitude. Entre le sixième synode et l’année 1034, en effet, il est clair que le nom du pape a été rétabli dans les diptyques des églises d’Orient. Quand a-t-il été rayé depuis, Pierre d’Antioche ne le sait, mais il se souvient de l’avoir vu, quarante ans auparavant, mentionné dans les diptyques de l’église de Constantinople sous le patriarche Sergius 3. Et avec une complaisance ironique il rejette la faute
1. Will, p. 189 : « ’Apyupô;... toi; tepot<; èiteysîpEi, ivUpo; üiv. Tiyap, c prpl, xoivôv ttuvi xod pa^avsEw, iV éx.sïvo; êv Xaïxoi; TsxayjiÉvo;, xà îeoéqjv iroXuirpayfiovri, xal Tuyypctipà; xoiauxa?, w; sSfiXwaa; i^euSeT?, èteivot; xal 8'.a7tpotxxETai. »