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sur le secrétaire (chartophylax) de Michel Cerularius. « S’il est vrai, dit-il, qu’en matière d’éloquence (telle est sa réputation) il se montre plein de sagacité, il est jeune et n’a pas encore une connaissance suffisante des questions ecclésiastiques. Comme le dit Jean, c’est un vin à peine sorti du pressoir *. » C’est donc moins par une adhésion sans réserve que par des conseils que le patriarche d’Antioche répond à Michel Cerularius. Il ne trouve pas, en effet, que toutes les erreurs de l’Eglise latine aient la même importance. Les unes sont odieuses et haïssables, « d’autres peuvent se guérir; d’autres ne méritent que le dédain 1 2 ». Pierre ne peut parvenir à s’indigner de ce que les prêtres romains’se rasent la barbe. Les Grecs, fait-il remarquer, n’ont-ils pas eux aussi leurs usages particuliers 3. Il n’attache pas plus d’importance à la question des viandes suffoquées 4. Ce qui est plus grave à ses yeux, et en cela il représente bien la tradition de Photius, c’est l’adjonction au symbole. Au fond il a pour les Latins le mépris d’un homme civilisé pour des barbares et il excuse leurs erreurs en expliquant gravement que les Vandales ont corrompu chez eux la foi du concile de Nicée 5. C’est avec une naïveté touchante qu’il exprime sa compassion à l’égard de ces frères déshérités. « Ce sont nos frères, dit-il, bien que leur rusticité et leur ignorance les entraîne souvent loin des convenances, lorsqu'ils suivent leur propre volonté. Nous ne pouvons pas demander à des barbares le zèle que, grâce à notre culture, on est en droit d’attendre de nous. C’est déjà un grand résultat qu’ils proclament dans son intégrité la Trinité source de vie et
1. Will, p. 192 : « IltffTtv Sè ovy ï/ei, ’IwivvT,?, ô v n? xX£paxoç olvoç
sù0ù<; èx Xt,vü>v ÈyxXEidpevoç. »
2. Id., p. 193 : « Koù xà piv xoûxwv êSdxet aTreuxxata xal epsûxxa, xà 5è üu'.pa, xà 6è 7rapopâaeü)ç al -ta. »