Id., p
5. Id., p. 201 (9-12) : « KxvxeuOev xxl Xtav ÊTtâvxyxEÇ, iylwxaxe oéairoxa, iraira ■jrpoy e'.piÇo|j.évou, ttxvxoc xxûxa xt,v Upoitpeitf, x:>kE(.ÔTT,xat Sià xqxtaî yparpfi; Tcpôç ctùxôv àvaxal-aaSat. »
pagnes et dans les villes ; nulle part nos armées ne seront plus jamais victorieuses \ »
Tel fut le cri déchirant que l’idée même d’un schisme arracha à Pierre d’Antioche. Il ne vit pas, dans son aveuglement, que ce mal qu'il redoutait était déjà consommé et que ses tentatives de conciliation étaient en retard d’au moins plusieurs semaines. Bien plus, il ne sembla pas se douter qu’il s’était mis de fait à la suite de Michel Cerularius, et que la position qu’il avait prise sur les trois principales questions en litige, l’addition au symbole, la matière de l’Eucharistie et le mariage des prêtres, le rangeait bon gré mal gré du côté des ennemis de Rome. Michel Cerularius en demandait-il davantage? Il consentait évidemment à laisser au patriarche d’Antioche l’illusion de son indépendance, à condition qu’il acceptât les trois doctrines qui séparaient à jamais le siège de Constantinople de celui de Rome. Après une telle déclaration, il pouvait opposer aux partisans des Latins l’unanimité de l'Orient, et voilà pourquoi, satisfait de sa victoire, il- ne songea plus à obtenir de Pierre d’autre concession.
Les rapports des patriarches d’Antioche et de Constantinople devinrent, semble-t-il, encore plus étroits sous le successeur de Pierre, Théodore. Au moment de la révolte de 1057, qui aboutit à la proclamation d’Isaac Comnène, on trouve ce personnage à Constantinople et dans la suite même de Michel Cerularius. 11 lui est assez dévoué pour que le patriarche lui
confie, de concert avec le syncelle de Constantinople, Etienne, la mission de proclamer Comnène devant le peuple 1 2. Cette circonstance nous montre que le nouveau patriarche d’Antioche était, en quelque sorte, l’homme-ligo de Michel Cerularius et, s’il le servait ainsi dans ses desseins politiques, il
1. Will, pp. 202-203 (xxi) : « Kai oitw; ai (3aatXetai xr.ç y% xsxapayjj.svai
Etat, xai iravxayoû 0pf,vo;, xai oûai -ïtoXû, xai Xipiol, xai Xoip-oi, xaî auvE^eïç xaxà jfûipav xai irdXiv • xai oùSa[AT| oùSap.w? wç èiri Tüâvxa xà ïipuxspa evoSoüvxat axpaxoïreSa. »
2. Cedrenos, II, 636 : « SeoSopou xoü ’Avxioyjian; itaxpiap^ou x^v ava^p-rjaiv xf,ç eÙ!PTj[j.[a(; ^OT',aavxoî. »
est probable qu’il lui était encore plus dévoué en matière religieuse 1 .
L’adhésion du patriarche d’Antioche à la cause du schisme entraînait celle de tous les métropolitains et évêques qui lui étaient subordonnés. Or, une notice épiscopale, qui date avec vraisemblance du xie siècle, attribue au patriarcat d’Antioche deux catholicats, treize métropoles, neuf métropoles autocéphales, douze archevêchés, en tout cent quatre-vingt-douze sièges épiscopaux qui s'étendaient depuis l’Ibérie jusqu’à Bagdad 2. Sans doute un grand nombre de ces évêchés n’existait plus à cette époque, soit qu’ils eussent été détruits par les Arabes, soit qu’ils fussent sans titulaires. Néanmoins, l’autorité du patriarche d’Antioche s’étendait fort au-delà des limites de l'empire grec. La notice en question parle de deux « catholicoi » établis à Romagyris et à Bagdad 3 4 5. Romagyris ne serait qu’un quartier (à-pip, le quartier romain) de la ville de Nisabur, capitale duKoraçan, et l’affluence des marchands grecs dans ces régions aurait permis d’y établir un catholicat dépendant du patriarche d’Antioche. Il en aurait été de même à Bagdad dès l’année 910 \ D’ailleurs, l’existence de ces deux grandes dépendances d’Antioche est rendue plus certaine encore par un passage de la lettre de Pierre d’Antioche au patriarche de Grado. Afin de combattre les prétentions de son correspondant à ce titre de patriarche, il lui montre l’exemple des vastes pays soumis à la domination d’Antioche et dont les évêques, catholicoi, métropolitains, archevêques, n’ont jamais porté un pareil titre \ Or, il lui cite « Babylone la Grande et Romagyris dans le Choraçan », ainsi
1. Un autre patriarche d’Antioche, jean, qui vivait encore en 1117, a écrit un traité Ikpï àÇsqxwv xavà Aaxtvuv; il fut chargé par l'empereur de conduire une ambassade pour l’union des Églises. (Voir Krum bâcher, Gesch. der byzant. Litteratur, p. 136.)
2. D’après le manuscrit 1431 de la bibliothèque du Vatican, Gelzer, Wenig bekannte Bislümerverzeichnisse der oriental. Kirche ( Byzantinische Zeitschrift,
4. D’après Brosset, Histoire de la Géorgie, I, 472, cité par Gelzer. Id.