‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 264 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

quelques-unes des Églises hérétiques qui s’en étaient séparées à l’époque des conciles œcuméniques. Il s’attaqua à l’une des plus puissantes, à l'Église arménienne.

Depuis l’époque du concile de Chalcédoine, en 4SI, l’Église arménienne s’était séparée de l'Église grecque, non par sympathie pour la doctrine d’Eutychès, mais par une haine du nestorianisme, qu’elle accusait le concile de restaurer. Elle avait gardé la tradition de Grégoire l’Illuminateur et des trois premiers conciles œcuméniques; elle avait donc vécu de sa vie propre, au hasard des invasions et des conquêtes, et ses coutumes différaient en plusieurs points de celles de l’Église grecque. L’usage des pains azymes, notamment, était universel en Arménie, et Michel Cerularius devait trouver, dans cette circonstance, un terrain de combat tout préparé. De plus, il se trouvait que, de ce côté, loin d’être en opposition avec la politique impériale, ses desseins étaient d’accord avec ceux de Constantin IX. Ce prince avait résolu, en effet, d’exécuter le traité conclu entre l’empereur Basile II et le roi d’Arménie, d’après lequel, à la mort du roi, le pays devait revenir à l’empire romain *. Or, le dernier des Bagratides, GagikII, avait succédé à son père en 1042, au mépris de ce traité. Constantin IX réclama, en 1045, le territoire de l’Anium et toute la Grande Arménie 1 2. Le roi Gagik fut détrôné et fit sa soumission ; il reçut en échange de sa couronne de grands biens en Cappadoce dans lesquels il termina sa vie 3 4. L’Arménie fut donc annexée à l’empire *. Il est vrai que cette réunion fut éphémère ; les généraux de l’empereur eurent à lutter contre la mauvaise foi des chefs locaux qu’ils étaient obligés de prendre comme auxiliaires 5, et surtout contre un adversaire plus terrible, contre le sultan seldjou-

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