Cedrenos, II, pp
sèment des desseins de Michel Cerularius, puisque le pouvoir appartenait à une femme sur l’esprit de laquelle il avait su prendre un certain empire. Il fit donc une première tentative pour diriger son gouvernement, mais elle ne réussit pas et il trouva des adversaires plus forts que lui. Ce n’était pas, en effet, des conseils que Michel Cerularius entendait porter à sa souveraine, mais bien plutôt des ordres. Il voulut, dit Psellos, lui faire la loi. « Nop.o8sT/|ç T/j BoerDaot, xxT/îpysTo *. » Théodora sembla d’abord accueillir avec respect toutes ses observations ; mais bientôt elle lui opposa de la résistance, puis finit par l'éloigner d’elle 1 2. Une phrase de Psellos nous renseigne sur la cause de ce brusque changement. Michel Cerularius était d’avis que Théodora ne devait pas garder le pouvoir pour elle seule, mais, comme sa sœur Zoé, choisir un époux à qui elle aurait confié la couronne impériale 3. Que devait être ce futur empereur? Sans doute une créature du patriarche et c’est ce qui explique la répugnance que montra l’impératrice pour ce projet. Très active malgré son âge, elle supportait sans se plaindre toutes les charges du pouvoir, s’occupait d’ambassades, de justice, de lois, et prenait ellemême toutes les décisions importantes 4. De plus l’avènement d’un nouvel empereur était contraire à l’intérêt de l’entourage des eunuques qui l’avaient portée au pouvoir. Il leur était facile de gouverner sous son nom, tandis qu’un princeépoux aurait renvoyé Théodora et ses conseillers dans leur gynécée, comme Constantin IX l’avait fait naguère lorsqu’il avait épousé l’impératrice Zoé.
La direction du gouvernement échappa donc à Michel Cerularius et Théodora put sans contrainte distribuer à ses eunuques et à ses favoris les grandes charges et les grands commandements militaires de l’Empire. D’excellents généraux comme les Bryenne et les Comnène furent envoyés en dis-