‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 271 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

grâce et remplacés par les Manuel et les Nicétas 1 2 . Non seulement les eunuques se maintinrent au pouvoir, mais ils tentèrent même de se venger de Michel Cerularius qui avait eu un instant l’idée de les supplanter. Son influence occulte qui régnait toujours à côté de la leur les effrayait. Elle rendait le gouvernement difficile et compliqué, car aucune pensée commune n’y présidait; les conseillers de Théodora essayèrent donc de porter remède à ce désordre en se débarrassant du patriarche qui les gênait. Psellos affirme dans son histoire que si l’impératrice avait eu l’espoir de vivre plus longtemps, elle aurait cherché à déposer Michel Cerularius, « wio; piv ouv xal psTsBex’ av tt,v àpyqv 2 ». Cette idée dut venir à ses conseillers, et ce n’est pas là une simple hypothèse, car elle reçut un commencement d’exécution. Si on ne put attaquer en face le puissant patriarche, on essaya du moins de le flétrir indirectement.

Michel Cerularius avait toujours eu un goût prononcé pour les rêveries mystiques et les sciences occultes. Il avait de fréquents entretiens avec des thaumaturges de toute sorte et il accueillit notamment dans son palais patriarcal deux moines de Chios, Jean et Nicétas, qui lui amenèrent une voyante 3 4. Dosithée était son nom ; sous l’influence de l’inspiration elle était en proie à de véritables attaques d’hystérie. Comme jadis la sibylle de Delphes elle prononçait des mots entrecoupés que les moines recueillaient précieusement comme des oracles \ En présence du patriarche et de tout son entourage, elle donna une sorte de séance qui convainquit tous ses auditeurs de la vérité de sa mission 5. Dès lors la protection de Michel Cerularius fut assurée à ces trois per-

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