Id
tout était prêt. Le 31 août 1057, au lever du soleil, un grand rassemblement se forma devant Sainte-Sophie. Il était composé, non comme Psellos l’a dit dans son réquisitoire, de gens de bas étage, mais des premiers sénateurs ainsi que l’affirment Michel d’Attalie, Cedrenos etZonaras Gedrenos nous donne même quelques noms qui ne laissent aucun doute à cet égard. Il y avait parmi eux « le magister Michel, fils d’Anastase, le patrice Théodore Chryselios, le patrice Christophoros Pyrros, tous les chefs de l’hétairie et beaucoup d’autres grands personnages 1 2 ». Tels étaient les meneurs; ils se mirent aussitôt à appeler le patriarche à grands cris, en disant qu’ils avaient à lui poser une question de la plus haute importance 3. Mais, Michel Cerularius ne se rendit pas aussi vite à leurs instances. De bonne foi ou autrement il lit fermer les portes qui conduisaient aux étages supérieurs de l’église et envoya ses deux neveux, Constantin et Nicéphore, parlementer avec les rebelles 4 5. Ces jeunes gens faillirent être les victimes des émeutiers. A la nouvelle du rassemblement, la foule était accourue devant Sainte-Sophie. Tous les fauteurs de révolutions (et elles étaient assez nombreuses pour leur permettre d’exercer leur profession), des hommes de sens rassis même 3, des sénateurs se rassemblèrent, et, lorsque les deux neveux de Michel Cerularius parurent sans leur oncle, cette foule menaça de les étrangler s’il ne descendait pas lui-même 6.
Enfin, parut le patriarche en personne, « volontairement ou non 7 »; il était revêtu de ses ornements pontificaux et avait l’air de céder à la violence 8, ce qui, comme le fait remarquer Cedrenos, était une comédie arrangée d’avance.
1 . Michel d’Attalie, p. 56 (19) ; — Cedrenos, II, 634 ; — Zonaras, XVIII, 3.