‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 282 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Un grand tumulte régnait parmi les manifestants. Ils se plaignaient que l’empereur les eût rendus parjures en reconnaissant Isaac Comnène comme empereur après leur avoir fait signer la promesse de ne jamais consentir à cette reconnaissance i. Peu de temps après, ils poussaient des acclamations en l’honneur de Comnène lui-même et le désapprouvaient d’avoir traité avec Michel Yï 2. Le patriarche feignit d’être venu, poussé par sa sollicitude pour la vie de ses neveux et son désir de calmer la guerre civile menaçante 3 4 5. Il s’avança donc dans l’église suivi de toute la foule ; un trône fut apporté et placé au côté droit de l’autel : il s'y assit pour écouter les demandes des meneurs Y

Ceux-ci continuèrent à jouer leur rôle jusqu’au dénouement. Ils demandèrent au patriarche d’aller lui-même en ambassade auprès du « vieillard », comme on appelait alors l’empereur, et de réclamer de lui les serments par écrit signés de tous les sénateurs, puisqu’il avait traité avec Comnène et l’avait reconnu comme empereur. Ils se trouvaient, en effet, dans l’alternative d’être des parjures s’ils acclamaient le nouveau souverain ou des rebelles s’ils ne l’acclamaient pas ü. Le patriarche se déclara prêt à accéder à cette demande ; mais ce n’était pas là leur compte et après avoir perdu du temps volontairement, ils se mirent tout à coup à acclamer Comnène : c’était le signal des mesures révolutionnaires.

Le patriarche, en effet, ne fit rien pour s'opposer à cette proclamation; bien au contraire, il l’approuva et conseilla aux conjurés de la rendre publique 6 le plus tôt possible. Michel Cerularius fut alors, pendant quelques heures, le véritable maître de Constantinople et sous sa direction les mesures révolutionnaires se succédèrent rapidement. Tout

1. Michel rl’Attalie, p. 58; — Cedrenos, II, 685; — Zonaras, XVIII, 3.

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