‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 289 sur 324 · Id., pp · texte numérisé non relu

Id., pp

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participèrent à cette cérémonie, mais ceux qui se nourrissaient de la plus pure philosophie, tous envahirent les endroits élevés, se glissèrent même sous les sculptures des pierres : les premiers descendus de leur séjour céleste, les seconds désireux d’échanger les routes accessibles pour ces hauteurs, tous donnaient à l’entrée de l’empereur un caractère merveilleux » Vers midi, le navire qui portait Comnène aborda à la Corne d’Or; il fut aussitôt couvert de Heurs et d’acclamations retentissantes. Un triambe solennel l’accompagna jusqu’au palais 1 2; puis il se rendit dans cette « Grande Eglise » où s’était décidée sa victoire et là, « au devant de l’ambon, il reçut des mains du patriarche le diadème impérial et fut proclamé empereur autocrate des Romains 3 4 ».

Et pourtant, d’après Psellos, au milieu même de cette allégresse, Comnène fut agité de pensées mélancoliques dont il fit part à son nouveau confident \ Peut-être songeait-il amèrement que son triomphe allait être aussi celui de son allié, Michel Cerularius. C’était au patriarche qu’il devait sa couronne et il réfléchissait sans doute à la déférence qu’il faudrait lui témoigner en échange. Jamais, en effet, Michel Cerularius n’avait été plus près d’atteindre le sommet qui fut le but de toute sa vie. S’il n’était pas empereur lui-même, il avait fait un empereur, Isaac Comnène, qui ne régnait que par sa grâce; il put regarder son souverain comme son obligé et le traiter comme tel. Dans sa pensée une volonté unique allait désormais animer l’Etat et l’Eglise, celle du patriarche; l’empereur ne serait que son coadjuteur, son lieutenant. Toute une nouvelle doctrine politique et religieuse était contenue dans ces idées : Michel Cerularius crut que le moment était venu de la produire au grand jour et de l’appliquer.

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