‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 290 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LE GRAND DESSEIN DE MICHEL CERULARIUS

La révolution du 31 août 1057 eut pour résultat de donner à Michel Ccrularius une place prépondérante et telle que ses prédécesseurs n’en avaient jamais tenue de pareille dans l’Etat. C’était en grande partie à lui qu’Isaac Conmène devait l’empire et il avait beau se faire représenter sur ses monnaies en costume de guerre, l’épée à la main *, tout le monde savait bien que s’il avait été le bras, le patriarche s’était montré la tête et que, sans le hardi coup de main du 31 août, la situation serait demeurée pleine de trouble et d’incertitude. Le nouvel empereur était donc obligé de lui donner des gages de sa reconnaissance : il ne chercha pas à se dérober à ses devoirs et n’alla à rien moins, pour le satisfaire, qu’à modifier la nature des rapports qui avaient existé jusque-là entre les empereurs et les patriarches.

L’église patriarcale, la Grande Eglise, ainsi qu’on nommait Sainte-Sophie, était sans conteste l’église la plus importante de l’Empire. Par suite du nombre de ses dignitaires, de l’étendue des biens et des revenus qu’elle devait à la munificence impériale, il lui fallait tout un corps d’administrateurs dont les fonctions étaient aussi variées que multiples. Ces fonctionnaires tenaient une très grande place à Byzance et c’est ce qui explique que le pouvoir se fût réservé leur nomination. Ils avaient donc à leur tête un

1. Sabatier, Monnaies byzantines, t. Il, p. 162; — De Saulcy, Essai de classification des suites monétaires byzantines , p. 282.

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