‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 295 sur 324 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

patvetç ty| v [i.ovapy 'lav *. » Et il lui cite sur cotte matière le vers classique :

E U xotoavo^ sorto, eiç paa-’Asùç.

« Autrefois, continue-t-il, le môme homme régnait sur un peuple comme prêtre et comme protecteur. Aujourd’hui, on a divisé ce qui était autrefois réuni. Il y a d’une part la royauté, d’autre part le sacerdoce 1 2. » Il semble donc que Psellos réfute une théorie d’après laquelle le pouvoir civil devrait être confondu avec le pouvoir religieux. La suite de la lettre justifie cette conjecture. « Va, continue-t-il, lève vers Dieu tes mains suppliantes, verse des libations en l’honneur de Dieu et des hommes, pendant que ceux qui ont reçu la charge du gouvernement l’exerceront. Jusqu’ici tu as choisi des deux mains un allié plus élevé que nous ; tu as été transporté dans des luttes brillantes, tu as affermi la foi et accompli ta course : reçois la couronne du combat qu’il te reste encore à gagner, le repos, loin des soucis ; ne nous gouverne pas, ne règne pas sur nous, car tu deviendrais intolérable à la plupart, où yàp y (opTjTOç ys tias'I oa-'.v 3. »

Cette lettre nous aide à comprendre que, depuis longtemps déjà, Michel Ccrularius regardait son pouvoir comme bien supérieur au pouvoir impérial; par là ses idées étaient d’accord avec ses actes. Il avait des sentiments démocratiques en ce sens qu’il ne craignait pas d’exciter contre l’empereur une sédition populaire et qu’il se serait peut-être accommodé d’une sorte de république théocratique dont il aurait été le chef et le grand-prêtre tout à la fois. Elle explique l’accusation qu’a recueillie contre lui l’historien Jean Scylitzès. « 11 disait, rapporte-t-il, qu’entre le sacerdoce et la royauté la différence était mince, mais que le sacerdoce était d’un plus

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