‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 294 sur 324 · Id · texte numérisé non relu

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LE GRAND DESSEIN DE MICHEL CERULAR1US

retenue jusqu à sa mort. L’ambassade fut donc rompue et Michel Cerularius dut à son étoile d’échapper à des tentatives qui, malgré l'appui d Isaac Comnène, auraient pu le jeter dans de grands embarras \

Ainsi, de quelque côté qu’il portât ses regards, le patriarche ne voyait que des signes pacifiques. Son autorité incontestée à Constantinople se répandait peu à peu dans tout l’Orient. Mais ces résultats, si remarquables qu’ils fussent, ne suffisaient pas à son ambition ; ils n'étaient dans sa pensée qu une étape au milieu de la longue route qu il s’était imposé de parcourir. En lui, à côté de l’homme d’action, existait aussi un théoricien, presque un rêveur. Déjà ses conceptions grandioses avaient effrayé ses amis, comme Psellos qui déclarait ne pouvoir le suivre dans les hauteurs où il se plaisait 1 2. Devenu, en 1054, le chef de l’Église d’Orient et, après les événements de 1057, l’autorité la plus vénérable de Constantinople, il résolut d’accomplir le grand dessein dont la poursuite donne une véritable unité à cette vie si étrange que, malgré la distance et les différences de milieux, elle évoque tout à la fois le machiavélisme d’un cardinal de Retz et l’ascétisme d’un Grégoire VII.

Il nous est malheureusement impossible de nous rendre compte exactement de ses doctrines ; car il n’a pas, comme Grégoire VII, laissé d’écrits où il les ait exposées d’une manière systématique. Seuls les témoignages des historiens et les allusions des contemporains peuvent nous aider à les reconstituer. Dans une lettre que Psellos écrit au patriarche, il lui reproche le peu de cas qu’il semble faire du pouvoir impérial. « Tu as, lui dit-il, un tempérament démocratique et tu supportes mal la monarchie, 8vipoxpaTt.xo<; ûv ocv7]p, Suoys*

1. Léon d’Ostie, Chronique du Mont-Cassin> III, ix : « Quoniam dum ipse adviveret nulli se mortalium eamdem abbatiam traditurum decreverat. » Le pape avait seulement promis sa succession à Didier.

2. Psellos (Sathas), t. II, p. 506. Lettre à M. Cerularius : « Su piv yip èizouoâvio; ayyeXo;, xatà xàv üauTiou Ttoyov, èyù ôè toüto auto oitsp sîjj tt, çûsrt i 7voyix+( jAETà awp.axo;... »

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