CHAPITRE IV
la cité grandiose, inviolable et divine 1 ». Au moment où le patriarche, par ses actes et ses paroles, augmentait chaque jour la haine de l’empereur contre lui, il commettait une faute grave en abandonnant Sainte-Sophie, qui était pour lui comme une forteresse d’où il pouvait défier le pouvoir et où il lui était facile de rassembler des légions de défenseurs. Michel Cerularius était si sûr de sa toute-puissance, qu'il n’eut pas l’idée que ses ennemis oseraient attenter à sa personne ; aussi ne prit-il pas pour se garder la moindre précaution. Il ne tarda pas à s’en repentir.
L’empereur, en effet, n’essaya môme pas de faire arrêter Michel Cerularius dans Sainte-Sophie, tant il redoutait une sédition du clergé et du peuple 2 ; il fut donc heureux de saisir l’occasion que le patriarche venait de lui fournir, pour s’assurer de sa personne. D’accord avec ses familiers, il organisa un véritable complot contre son redoutable sujet. Afin d’endormir le patriarche dans la sécurité, il lui envoya quelques personnages de sa suite qui vinrent le trouver sous prétexte de régler avec lui quelques questions religieuses 3. En réalité, ils avaient pour mission de distraire son attention çn l’empêchant de réfléchir 4 *. L’entretien se poursuivait donc entre ces envoyés de l’empereur et le patriarche qui les écoutait assis sur son trône 3. Tout à coup, de nombreux soldats bardés de fer firent irruption dans le monastère 6. L’empereur les avait choisis, à dessein sans doute, dans la garde des Varangiens 7. Ils se répandirent de tous côtés et