Id., p
6. Id., p. 65 : « Suvvoui; -f,v xaî itecppovTtxüi;, nû><; xaî r(va tpôirov toîç irpây[j.aai j(,pr|aatTO. »
7. Zonaras, XVIII, 5 :« ‘l’povTl; r,v tw KpaToüvTi rcspl ttjç aôioü xaôaipéacojç. »
LA CHUTE DE MICHEL CERULARIUS
qu’un tribunal s’élait assemblé dans une ville de Thrace pour y juger le patriarche. La crainte de l’émeute avait empêché l’empereur de le réunir à Constantinople b L’ordre fut donc donné de transférer Michel Cerularius de l’île d’Imbros dans la ville où il devait être jugé 1 2. Le deuxième témoignage est le discours d'accusation composé par Psellos et qui nous est parvenu intact 3 4. Ce discours n’a peut-être jamais été prononcé, puisque le jugement n’a pas eu lieu; mais il a du moins été répandu, comme en témoignent plusieurs chroniques \ Dans YOraison funèbre Psellos se contente de dire que le tribunal était composé de juges venus de la terre entière. Le discours d’accusation nous montre que c’était un synode d’évêques 5 auxquels s’étaient joints quelques fonctionnaires laïques, tels que Psellos lui-même.
Le philosophe remplissait donc le rôle de ministère public, car, comme il le dit lui-même à la fin de son morceau, c’était par ordre de l’empereur qu’il avait recueilli tous les griefs contre Michel Cerularius 6. Il se livra donc à une enquête minutieuse sur les origines et la vie publique ou privée du patriarche. Il dut interroger une foule de témoins, parmi lesquels les familiers du patriarche 7 ; il s’abaissa même jusqu’à faire parler contre leur maître des valets de bas étage, chassés pour leurs mauvais services 8. Lorsque tous ces éléments d’accusation furent prêts, il rédigea ce discours, composé, il n’en faut pas douter, pour être prononcé devant le tribunal de Thrace. C’est bien à un tribunal régulier que s’adresse