‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 32 sur 324 · Allatius, pp · texte numérisé non relu

Allatius, pp

qu’un malheur, c’est que le pape Christophoros a régné de 903 à 904 et qu’il était mort depuis quatre-vingt-treize ans, lorsque Sergius fut élevé au patriarcat. Un seul texte pourrait soulever des doutes : c’est celui de Nicétas le Chartophylax qui vivait à la fin du xie siècle et qui, dans son énumération des schismes entre Rome et Constantinople, mentionne celui de Sergius '. Il en ignore, d’ailleurs, la raison et suppose qu’il s’agissait de la hiérarchie (oià toùç Opovous), peut-être du titre de patriarche œcuménique, peut-être encore de la juridiction sur la Bulgarie qui venait d’être reconquise.

Quoi qu’il en soit, ce serait trop s’avancer d’en conclure que les efforts de Michel Cerularius ont été devancés par Sergius. Dans la lettre qu’il écrit à son collègue de Constantinople, en 1054, Pierre, patriarche d’Antioche, affirme avoir vu sous ce même Sergius, quarante-cinq ans plutôt, le nom du pape mentionné, dans les diptyques de l’Eglise de Byzance, à côté de ceux de tous les patriarches. S’il y avait eu une rupture, elle n’aurait donc eu lieu qu’après l’année 1009, dans les dix dernières années du patriarcat de Sergius. Mais puisque Pierre d'Antioche était, à cette époque, en relations avec Constantinople, comment n’en aurait-il rien su? Comment Sergius n’aurait-il pas songé à envoyer aux trois patriarches orientaux une Encyclique pour les entraîner dans son parti et, dans ce cas, comment Pierre, qui devint patriarche d’Antioche en 1 053, n’en aurait-il pas eu connaissance? Or, il dit expressément dans sa lettre à M. Cerularius que, si le nom du pape a été rayé des diptyques, il ignore absolument pour quelle raison et quand le fait a eu lieu 1 2. S'il y avait donc eu, sous le pontificat de Sergius,

1. Migne, Pat., gr., t. CXX, p. 718. On trouve la même mention dans d’autres précis anonymes des événements du schisme; ces résumés sont d’ailleurs dépourvus de toute valeur historique. Le cardinal Hergenroether en a publié plusieurs, dans ses Monumenta græca ad Photium ejusque historiam pertinentia, d’après des manuscrits de Munich. Paulov a publié aussi un récit du même genre écrit en grec et d’origine russe ( Recherches critiques, pp. 318-320).

2. Will, pp. 192-193 (V) : « Kal e'v Ku)v<jTavT(.vouTt()Xei 8è Ttpô ypdvtov Te(jaapaxovva

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