‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 31 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

événements il y a une véritable contradiction. En effet, si Sergius avait rompu avec Rome, il est trop évident que son successeur n’aurait pas envoyé au pape une ambassade pour lui demander le titre de patriarche œcuménique : il eut pris ce titre de sa propre autorité. D’ailleurs, les historiens ont reconnu depuis longtemps 1 que les témoignages de cette prétendue rupture sont vagues et incertains. Aucune chronique ne parle de ce schisme. Cedrenos nous renseigne sur l’origine de Sergius qui était de la famille de Photius et, avant son avènement au patriarcat, exerçait les fonctions d’higoumène du monastère de Manuel 2. Tous les chroniqueurs s’étendent assez longuement sur la lutte que soutint Sergius contre Basile II à propos de l’impôt de « l’allelegyon ^institué afin d’établir, au détriment des riches, une compensation pour le trésor des pertes que lui auraient fait subir ceux qui seraient morts indigents 3 4 5. Tout le clergé se joignit au patriarche ; on essaya de toucher l’empereur lorsqu’il revint victorieux de son expédition de Bulgarie, mais ce fut en vain \ Cedrenos nous donne la date de la mort de Sergius, qui eut lieu au mois de juillet 1019 s; mais aucun historien ne parle d’un schisme avec Rome.

Il est vrai que les mêmes auteurs ne donnent pas davantage de détails sur le schisme de 1054, mais encore cet événement a-t-il laissé des traces irrécusables. Le schisme de Sergius au contraire nous est connu seulement par une chronique anonyme citée par Allatius 6 et les anachronismes dont elle est remplie lui enlèvent toute espèce de créance. Elle raconte sans hésiter que le pape Christophoros fit ajouter le premier le Filioque au symbole et qu’à la suite de ce fait Sergius raya son nom des diptyques. Il n’y a à cela

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