Raoul Glaber, id
tributions d’argent1. Il accepta donc les présents des Grecs et chercha un moyen de faire droit à leur demande sans bruit ni scandale 2. Ce fut chose impossible. La nouvelle de cette machination se répandit dans toute l’Italie et bientôt dans la chrétienté tout entière 3 4 5. L’indignation fut générale et des abbés cluniciens adressèrent au pape des lettres indignées. Hugue de Flavigny confirme tous ces détails et ajoute que plusieurs évêques et abbés vinrent même à Rome en personne *. Parmi eux était Richard, abbé de Sainte-Vanne, qui devait plus tard accomplir un voyage en Orient. Il fit tous ses efforts pour empêcher les ambassadeurs grecs d’obtenir gain de cause et « se montra véritable fils de l’Eglise romaine en veillant sur l’honneur de sa mère ». Mais l’intervention la plus énergique de toutes fut celle de Guillaume, abbé de Saint-Bénigne de Dijon. Dans la lettre qu’il adressa au pape et que rapportent Raoul Glaber et Hugue de Flavigny, il traita de scandaleux le dessein de la cour de Rome. Il ajouta que si la puissance politique, jadis réunie dans l’empire romain, était aujourd’hui séparée entre des rois, la puissance spirituelle devait toujours appartenir au pape; il invita donc le pape à se ressaisir et à suivre les lois et la discipline de
l’Eglise 6. Cette explosion de colère effraya le pape et les Grecs durent retourner à Constantinople sans avoir rien obtenu 8.
Si le schisme de Sergius paraît être une légende, il n’en est pas de même de cette tentative dont l’authenticité est garantie par les historiens qui la rapportent. Raoul Glaber la tenait de l’abbé de Saint-Bénigne lui-même (il fut son disciple après son passage au monastère de Cluny ; il l’accompagna