‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 38 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

d’accorder le titre de fiWtXeuç aux empereurs allemands ; elle leur concède par grâce celui de \ Nicéphore Phocas lui-même s’indigne devant Luitprand de ce que son maître ait osé prendre le titre d’empereur 2, et des légats du pape ayant eu le malheur d’apporter des lettres où Nicéphore était qualifié d’ « Empereur des Grecs » et Otton d’ « Empereur Auguste » 3, ce fut à Byzance une explosion de colère : les malencontreux ambassadeurs furent jetés en prison et apprirent à leurs dépens que le seul empereur des Romains Auguste et universel était Nicéphore Phocas. Aussi toutes les conquêtes d’Otton dans l’Italie méridionale ne sont-elles, pour les Grecs, que des usurpations et Nicéphore ne veut engager aucune négociation avec Otton, si elle n’a pas pour base une restitution préalable de ce qu’il regarde comme son bien, c’est-à-dire de Rome et de l’Exarchat de Ravenne. A ce seul prix, une princesse porphyrogénète daignera épouser un barbare allemand \ Les protestations du fougueux ambassadeur ne purent avoir aucune prise sur cette ferme résolution.

La même hauteur présidait, de part et d’autre, aux conversations sur les sujets religieux. Dans ces joutes oratoires, Luitprand faisait briller toute son éloquence et Nicéphore éclater tout son mépris 5. L’empereur l’ayant plaisanté sur le synode saxon qui n’était pas, dit-il, encore admis dans l’empire à cause de sa grossièreté 6, l’évêque s’emporta et, dans un long discours, il exposa, comme plus tard Léon IX à Michel Cerularius 7, toutes les hérésies des Grecs ; il montra

ignorât Constantinum sanctum Imperiala sceptra hue transvexisse, senatum omnem cunctamque romanam militiam, Romæ vero vilia mancipia, piscatores scilicet, cupediarios, aucupes, nothos, plebeios, servos tantummodo dimisisse. »

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