‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 48 sur 324 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

temps était, pour un moine occidental, une œuvre méritoire et un sujet de consolation. L’Italien saint Bononius resta ainsi plusieurs années au monastère du Sinaï, et ce qui montre bien qu’aux yeux de ses frères d’Occident il n’était pour cela suspect d’aucune hérésie, c’est que l’évêque de Yerceil le rappela en Italie et le chargea de rétablir la règle de saint Benoît dans un des monastères de son évêché \ Les princes occidentaux regardaient même comme une bonne œuvre de soutenir de leurs deniers ces saints monastères. Richard II, duc de Normandie, si charitable aux pèlerins et qui prenait à ses frais le voyage de Richard de Sainte-Vanne1 2, avait donné à l’un des monastères du Sinaï une rente annuelle que les moines orientaux venaient chercher à Rouen 3, et à l’église du Saiut-Sépulcre une rente pareille de cent livres d’or 4.

Aucune haine n’écartait donc les uns des autres Grecs et Latins : lorsque les Orientaux s’égaraient dans leur pays, les Occidentaux savaient leur rendre l’accueil qu’ils avaient reçu en Orient. Si, en effet, les Latins étaient de grands voyageurs, de nombreux témoignages nous prouvent que les Grecs aimaient aussi à sortir de leur pays et qu’une sorte de contre-courant s’était formé, au xie siècle, d'Orient en Occident. Il est plusieurs fois question dans les vies des saints des voyageurs grecs qui erraient alors à travers le monde et de l’hospitalité qui leur était offerte par des évêques. Ce fut ainsi que saint Goddehard, évêque d’Hildesheim, établit dans son diocèse des sortes d’asiles pour les étrangers5. Il y recevait, d’après son biographe, des gens qui portaient le

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