Raoul Glaber, l. I, iv
5. Mabillon, A. O. S. B., VI sæc. p. I : Vie de saint Goddehard, XXV-XXVI p. 411.
costume des Grecs et les appelait en plaisantant les Péripatéticiens 1 ; il ne les aimait guère, mais en mémoire du Christ, il ne les renvoyait qu’après leur avoir donné tout ce qui était nécessaire pour continuer leur route 2. Plus cordiale était la réception que faisait à ces malheureux Grecs saint Gérard, évêque de Toul, dont le diocèse était à la même époque rempli d’Ecossais. Il prenait à ses frais l’entretien des uns et des autres et il leur avait fait construire un oratoire avec des autels particuliers où ils pouvaient prier Dieu à la mode de leur pays 3 4 5. Une tradition voudrait même que ces Grecs eussent appris leur langue à l’un de leurs futurs adversaires, redoutable champion des droits de Rome, au cardinal Humbert, qui faisait à ce moment ses études à Toul \
L’Italie était surtout, par sa position entre les deux empires, l’endroit où ce contact entre Grecs et Latins était pour ainsi dire journalier et où les causes de conflit pouvaient être les plus fréquentes. C’est là pourtant que nous trouvons, de la part des Occidentaux pour les Grecs, les sympathies les plus vives. Dans l’Italie grecque vivaient alors saint Nil et son disciple, saint Barthélemy, qui fut à peu près le contemporain de Michel Cerularius 8. On trouve dans leur histoire une grande part de légendes; mais ce qui nous intéresse avant tout, c’est la tendance de sympathie que les rédacteurs grecs de leurs vies manifestent pour l’Eglise latine. Cette tendance éclate dans les actes et les discours qu’ils prêtent à leurs héros.
Saint Nil était moine à l’abbaye de Rossano. A la fin du xe siècle, une invasion de Sarrasins le força à fuir son monastère; il aurait pu, dit son biographe, se réfugier en Orient