‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 61 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

pereur fut condamné à avoir les yeux crevés et Zoé, restaurée sur le trône, appela à côté d’elle un troisième mari, Constantin IX Monomaque, qui régna jusqu’en 1054. Ce fut sous son règne qu’éclata la querelle entre Rome et Constantinople.

Sa carrière fut celle d’un grand nombre de Byzantins qui, sans être nés dans la pourpre, arrivèrent à l’empire grâce à leurs exploits ou, mieux encore, à leur étoile. Il appartenait à une famille très noble et très riche *. Son père, de qui il tenait ce nom de Monomaque 1 2, avait été condamné pour « tyrannie », c’est-à-dire pour avoir tenté d’usurper l’empire 3 4 et peut-être légua-t-il à son fils le soin d’accomplir ce rêve trop tôt déçu. Toujours est-il que ce fils se fit bientôt remarquer par son luxe, son élégance et par toutes les qualités propres à lui assurer l’alliance d’une grande famille \ Il se maria, perdit sa femme et épousa en secondes noces la fille du futur empereur, Romain Argyre 5. C’était là une compensation à l’éloignement dans lequel le tenaient les empereurs Basile II et Constantin VIII qui ne lui pardonnèrent jamais les fautes de son père 6. Pourtant l’élévation de son beau-père au pouvoir, en 1028, ne vint pas augmenter beaucoup son influence dans l’État. Il vécut au palais, mais sans y occuper de situation officielle. Seulement il profita de ces loisirs forcés pour se mettre au mieux dans l’esprit de l’impératrice Zoé. Grâce à sa figure agréable et à sa verve caustique qui s’exerçait sur tout et sur tous, il lui plut à tel point qu’elle ne pouvait plus se passer de sa conversation. Elle le combla de présents, sans se soucier des commentaires malins dont sa conduite était l’objet 7 . De cette époque date également la liaison de Constantin Monomaque avec Sclérène, la cousine de sa

1. Michel d’Attalie (éd. de Bonn), p. 18 (B) : « ’Apwxoxpaxtxôv divSpa xal Bp^pia ndAsuç. » — Psellos, t. I, p. 111 : « rdvouç é'vexev xà irpôixa xf,ç |3aat)>ê£a<;

tpEpop-evoî, 'ko'K'Kû te itXodxw xo|iwv. » — Zonaras, XVII, 20.

2. Constantin Manassès (Migne, Pat. gr., t. CXXV1I, pp. 452-453).

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