‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 74 sur 324 · Id · texte numérisé non relu

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règne : jamais il ne se montra cruel pour les coupables : il les effrayait par la mise en scène du jugement, puis les faisait souvent relâcher \ « Il avait, dit Psellos, l’âme remplie de bienveillance et d’humanité. » Il était, ajoute-t-il, incapable d’avoir de la haine contre ceux qui lui voulaient du mal1 2. Il était obligé de s’engager vis-à-vis de lui-même par des serments à faire sentir sa sévérité aux conspirateurs condamnés à l’exil ou à la prison 3 4 5. Un jour, il sauva un malheureux fonctionnaire qui avait été condamné pour concussion à une amende plus forte que la valeur de ses biens : non seulement il lui fit remise de l’amende, mais il lui restitua encore tout ce qu’il possédait \

Une pareille indulgence serait tout à l’honneur de Constantin IX si elle ne touchait de bien près la faiblesse ; ce fut là, en effet, qu’elle aboutit. Il faut lire dans Psellos l’histoire aussi déplorable que comique des tours que joua à l’empereur son dernier favori, Romain Boïlas. L’empereur s’amusait énormément de toutes ses extravagances et lui permettait même de troubler de ses intrigues la gynécée. N’alla-t-il pas jusqu’à accuser la vieille Théodora d’être enceinte 6? Enfin, sa dernière invention fut plus dangereuse. Il tomba amoureux de la jeune barbare que l’empereur avait prise pour favorite et, dans sa jalousie, il résolut de tuer son souverain 6. Le complot échoua et le favori fut arrêté. Au lieu d’avoir les yeux dessillés par cet attentat, l’empereur éclata en sanglots lorsqu’on lui amena son favori chargé de chaînes 7. Il commença par le faire détacher et, ne pouvant croire à sa méchanceté, lui demanda en larmoyant qui avait pu le pousser à commettre une action aussi noire. L’autre joua très bien la comédie et répondit qu’il avait été poussé

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