‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 75 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

par un désir insatiable de s’asseoir sur le trône de l’empereur, revêtu de ses ornements. A ces mots, Constantin rempli de joie ordonna d’accomplir immédiatement ce souhait. Il le fit mettre en liberté, puis fit chanter des hymnes d’action de grâces et offrit un festin dont l'habile comédien fut le héros *. Cet homme reconnut d’ailleurs cette indulgence en poussant plus que jamais ses entreprises sur la maîtresse de l’empereur. Psellos s’imaginait que Constantin IX ne se doutait de rien. Il fut bien détrompé lorsqu’il vit un jour le favori et la favorite se faire des signes d’intelligence sous les yeux mêmes du maître et de toute la cour et que, pour porter au comble son étonnement, Constantin IX lui eût dit, en lui montrant ce manège : « Vois-le, ce pauvre homme, il l’aime encore, malgré ses malheurs passés 1 2 ! » Voilà un « pauvre homme » qui fait songera celui d’Orgon dans Tartufe.

Un empereur qui pouvait tomber à un pareil degré d’avilissement n’était guère né pour le commandement. Il est vrai que lorsque la tempête avait éclaté, Constantin Monomaque savait en supporter les coups, soutenu qu’il était par sa hautaine indifférence et sa foi en lui-même, mais il ne put jamais ni la prévenir ni la détourner. Il montra en mainte occasion un véritable courage, lorsque ses ennemis de l’intérieur et de l’extérieur vinrent le forcer jusque dans Byzance. Ni la révolte de Maniacès en 1042, ni la terrible invasion des Russes l’année suivante, ni la rébellion de Léon Tornicios en 1047, ne purent l’ébranler : le premier sur la brèche, il fit toujours face au danger 3. Mais quant à prévenir ces fléaux, quant à établir l’ordre dans l’administration, quant à affaiblir, par une action continue, les ennemis qui menaçaient les frontières de l’empire, il en fut toujours incapable. Il eut l’heureuse fortune d’avoir pour conseillers et pour agents des hommes de premier ordre tels que ce

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