CHAPITRE II
il ne s’agissait de rien moins que de déposer Michel IV et de nommer l’un des conjurés empereur *. Dans son Oraison funèbre, Psellos cherche à prouver l’innocence de Michel Cerularius et déclare qu’il fut compris à tort dans la conspiration 1 2. Il est loin de tenir le même langage dans le réquisitoire qu’il prononça contre le même Michel Cerularius devant le synode d’évêques assemblé par Isaac Comnène en 1057, et les allusions claires qu’il fit, en plusieurs endroits de son discours, à cette partie de la vie de Michel Cerularius, ne peuvent laisser aucun doute dans notre esprit. Il l’accuse d’avoir eu, à cette époque, « l’amour et le souci du pouvoir,
tt,v PamXetaç epcoTa T*qv èra. toutou peAer^v ». Il fait allusion
à un complot, « raqv o-uvwpoorav », à de mystérieux desseins, « Ta poaTTipuoS-/} (BotAeupaTa », suivis d’un jugement et d’un exil 3. Ce témoignage ne peut être suspect, car il est bien évident que les grandes phrases de Y Oraison funèbre ne sont faites que pour déguiser à la postérité ce que tout le monde savait à Byzance. D’ailleurs, ces détails sont confirmés par Jean Scylitzès que reproduisit plus tard Cedrenus : Michel Cerularius était à la tête du complot avec un certain Jean Macrembolitès, son beau-frère ; il « affectait la tyrannie », c’est-à-dire qu’il voulait se faire empereur 4, et c’est là le meilleur commentaire du mot de Psellos, T-qv (3a<nXeîa; IpwTa.... tt|v era. toutou p.£À£Tïiv. A Byzance, de pareilles ambitions étaient possibles. Qui aurait pu supposer que ce Constantin Monomaque, exilé à ce moment même dans l’île de Lesbos, serait un jour l’époux de l’impératrice Zoé et l’autocrate universel? Que Michel Cerularius ait failli le devancer de quelques années, qu’y a-t-il là d’invraisemblable? Il ne s’agissait pas d’une simple aventure; mais, tous les historiens sont d’accord là-dessus, les ramifications du complot étaient
1. Jean Scylitzès, traduction latine, édition Gabio, Venise, 1570, p. 108 ; — Cedrenos, t. II, p. 530; — Psellos, t. I, Orais. fun., pp. 313 et suiv.