‹ Le schisme oriental du XIe siècleChapitre 84 sur 324 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

hâté par un événement terrible qui fit sur lui une si profonde impression qu’elle ne put jamais s’effacer. Son frère n’avait pas comme lui pris son parti de cet exil ; il ne cessait de pleurer nuit et jour et, dépourvu de toute espèce de consolation, il ne vit plus bientôt aucun remède à ses souffrances. Un jour, fou de douleur, il se précipita du haut de la roche escarpée sur laquelle il était relégué et se fracassa la tête 1 . A cette nouvelle, Michel Cerularius fut entièrement bouleversé et fit de lui-même ce que les ordres tyranniques de l’empereur n’avaient pu le décider à accomplir : il se fit moine et sembla pour toujours renoncer au monde 2.

Mais par une ironie du sort, au moment même où il semblait désespérer de tout, un caprice du hasard le rappela à Constantinople. Michel le Paphlagonien mourut en 1041 après avoir adopté comme fils et successeur son neveu Michel le Calfat. Le nouvel empereur, dont le pouvoir était faible et incertain, éprouva le besoin de signaler son avènement par un trait de clémence. Il fit grâce à un certain nombre d’audacieux qui avaient conspiré contre le dernier gouvernement, et Michel Cerularius fut compris dans cette amnistie 3 4. Ce n’était pas encore pour lui la fortune et il ne devait pas s’élever subitement de la plus entière disgrâce au comble des honneurs, mais du moins la transition ne se fit-elle guère attendre.

En effet, il dut renoncer à espérer quoi que ce fût du nouvel empereur qui l’avait rappelé, nous dit Psellos, parce qu’il le considérait comme peu dangereux depuis sa prise d’habit, mais qui changea d’opinion sur son compte dès qu’il l’eût vu *. « Il regretta, ajoute-t-il, d’avoir modifié sa situation 5 »,

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