CHANT QUATRIÈME
Stance IIL — « Jusqu'au Lavinium. » — Petite rivière qui coule dans le Bolonais. C'est sur ses bords qu'Auguste, Marc- Antoine et Lépide formèrent leur t'-ium virât.
— « Ne vaut pas une figue. » — Cette donation que fit l'empereur aux Modénais n'eut jamais lieu. Elle ne servit qu'à semer une grande inimitié entre ces deux peuples irréconciliables. C'était peut-être ce que souhaitait Frédéric.
Sta?icï: IV. — • Castelfranco. » — Les Bolonais, en 1226, construisirent ce fort pour servir de barrière aux Modénais chaque foiàP qu'ils voudraient entreprendre de faire valoir la donation de Frédéric. Ils nommèrent ce fort Château-Franc, parce que, dans cette guerre, ils ne s'étaient armés, disaient-ils^
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que pour défendre leurs droits et leur liberté.
Stance VIII. — « Surpris de cette étrang-e nouveauté. » — Tassoni venge autant qu'il peut sa patrie.de l'affront que'lui avaient fait les Bolonais. Il les représente saisis, épouvantés de la chute de cet âne ; au lieu que les Modénais, enflammés de colère à la vue de cet objet, se précipitent hors de leurs portes et s "élancent avec tant d'impétuosité sur les machines ennemies, qu'ils emportent dans leur ville celle qui leur avait lance l'âne. Qua iynominia gencrosus populus irritaiiis eontinuo se foras ejecit, ac tanta vi in apparatum machinarum se mtulit, ut briccolam, qua asinum jaculali erant, abstulerU, in urbemqae deluUrit. (Sicomos, Hist. rer.,Boa. 1. VI.)
Staxce XV. — « Mettre ensemble chiens et chats. » — Les Parmesans furent toujours implacables ennemis de Frédéric et de ses Allemands. Tassoni donne pour chef aux premiers, Gibert de Corrége, pour marquer mieux l'inimitié qui régnait entre les Allemands et les Parmesans, car ce Gibert fut un vaillant homme, qui eut l'audace et le bonheur d'attaquer et de chasser de Parme la faction impériale et qui, en récompense de ce service, lut créé podesta en 1247.
Stance XXI. — « Chantant la belle Rosina. » •— Chanson qu'on aime beaucoup dans le pays. Elle commence par les cheveux de la celle et finit par ses pieds, détaillant toutes les beautés qui se trouvent de la tête aux pieds.
Staxce XXIV. — « Lui brûle la barbe et le Tisage. » — Foresto, marquis Joseph Fontanelle, chevalier de Saint-Jacques, étant enfant, était tombé dans le feu et en avait conservé toute sa vie un côté du visage défiguré.
Stance XXV. — « De la race du bon Frontin. » — Il appartenait à Hog-er. C'était, di^
TArioste, appuyé du témoignafre de l'arclie- •vêque Turpin, le meilleur cheval qu'il y eût au monde, après Bayard et Bride-d'Or.
— « Alonseiuneur Turpin. » — Moine de Saint-Denis, qui fut fait archevêque de Reims vers l'an 760. On lui attribue le livre intitulé : Bistoria de vita Caroli Magni et Rolandi.
Stance XXVI. — « Foresto, petit de corps, grand de courage, a plus de grâce et d'adresse.» — Voici, au sujet de ces deux cliampions, Bertoldo et Foresto, ce qu'écrivait Tassoni au chanoine Barisoni : « Bertoldo Grillenson est une furieuse épée; il a un poignet du diable et bat tous les autres; cependant Foresto a
Î)lus de grâce et d'adresse. » Dans une autre ettre au même chanoine, il dit : » Les écervelés sont toujours les premiers qui se fassent tuer à la guerre. Je ne m'étonne point «que le Grillenson soit mort, je crois que son père ne le pleurera point.
Stance XXVIII. — « Aurait bu toute la Tille d"Albane. » — Je ne sais si Pline et Strabon étaient de bons gourmets, mais ils faisaient cas du vin d'Albe, comme d'un des meilleurs qu'il y eût.
Stanxe XXXVIII. — « Salinguerre. » — Salinguerre Toricelli, puissant citoyen de Ferrare et ami des Ghibellins, fomenta, pendant cinquante ans, les divisions qui régnèrent parmi ses compatriotes, afin de s'établir leur maître. Il y réussit par les secours que lui procura Ezzelin, son parent. Grégoire de Monte-Longo, aidé des Vénitiens et des autres, partisans des Guelfes, vint en 1240 assiéger Ferrare et prit cette place après quatre mois de tranchée ouverte, et la remit, par ordre du Pape, à Azon d'Esté.
Stance XLV. — « Vos griffes resteront dans la toison. » — Allusion à la fable du Corbeau qui, voyant l'Aigle enlever un mouton, crut
pouvoir faire de même, et choisit le plus gras du troupeau; mais ses pattes s'étant prises dans la laine, il fut pris par le berger.
Sta.nxe XLVIII. — « Tous ses hommes bâillent à qui mieux mieux. » — La faim occasionne grand nombre de bâillements. Tassoni dit qu'ils bâillaient au plus fort ; parce que, dans un cercle, il suffit qu'une personne baille pour faire bâiller toutes les autres.
-- «Faisant sur leur bouche de petits signes de croix. »— Beaucoup de personnes ont l'habitude de faire, avec le pouce, le signe de la croix sur leur bouche quand ils viennent de bâiller. Ils disent que c'est pour empêcher le diable d'y entrer.
Stance^LVI. — « Cependant le frère gardien prie, supplie. » — Tassoni imite ici HomérCj qui nous représente Chryséis devant Agamemnon. Ce prêtre, en termes les plus soumis, redemande sa fille au roi des rois, et ne pouvant l'obtenir, s'en retourne, le cœui' serré de tristesse, au temple d'Apollon.
— « Son frère Frapart. » — Il y a dans le texte frère Stopin. Les Italiens entendent par ce nom-là, ce que nous entendons par celui de Frapart, cordelier de Catalogr^e, dont parle La Fontaine, et qui fut puni Irttra i^rivatos parietes :
Pour le frère Frapart, Il eut son fait à part.
Stance LXIV. — « Quiconque d'entre les Régiens. » — Dans les archives de la famille des Pio, se trouve une ssntpnce qui fut rendue à Rubiera le 25 février 1255 ; nous n'en rapporterons que la substance, elle commence par ces mots : « Christe nomine repetito... » — Après avoir invoqué plusieurs fois le nom de Jésus-Christ : nous prononçons, jugeons et veu-