CHANT DOUZIEME
Stance I. — « Des coupes. >» — L'itah'en dit Rispondeva coppe, c'est une allusion au jeu de tarots, où il y a des deniers et des aoupes pour couleurs, ainsi les Bolonais demandaient des deniers, et le Pape donnait des coupes.
Stance II. — • Octavien Ubaldini. » — Ubaldini était alors évéque de Bologne; il est question de lui dans l'histoire.
Stance IV. — a Péruite et Péritée. ■ — Deux Bolonais.'
Sta?«ce XI. — « Pieuses guerres. » — Dans cette stance, Tassoni raille sur les mots Pictose armi. qui sont au commencement du poème de la Jérusalem délivrée de Tasse.
Stance XV. — « Baïocches. <• — Le bajoche est une monnaie romaine d'une très-petite valeur, 0 fr., 053.
Stance XVI. — « Chasser aux grillons. » Ce n'est pas le cardinal Ubaldini, mais -fin cardmal plus moderne, qui, après un grand repas, s'en
190 LE SEAU EXLEVÉ
fut chasser les grillons clans les prairies dô Solare. StanceXXIII. — « Au milieu de tous les soins.»
— C'est une phrase qu'on trouve à la tête de la plus grande partie des brefs des Papes.
Stance XXXI. — « Mes paroles s'adressent à ceux que cela regarde. » — Ces reprocheai regardaient les Bolonais qui retenaient Nonan-I tola, Saint-Césaire et quelques autres placeiS^ quoiqu'ils eussent promis de les rendre, et qui violèrent au bout d'une semaine une trêve qu'ils avaient conclue pour huit ans.
Staxce XXXVIII. — « Très-beaux masçiues.»
— Il se fait de très-beaux masques à Mo* dène.
Stan'Ce XL. — « Le jour suivant. » — Tassoni veut parler ici du triomphe que fit Bologne cinq ou six mois après la bataille.
— «Ensuite en signe d'allégresse. »— Sigonius écrit qu'ils inventèrent des jeux, imaginèrent des fêtes, et qu'ilsterminèrenttoufes ces réjouissances par jeter un cochon rôti par les fenêtres. Cette cérémonie se fait encore à Bologne le jour de la Saint-Barthélémy, du haut du palais du légat, l'on jette un cochon dans la place, avec plusieurs autres animaux en vie, qu'on abandonne au peuple.
Stance XLI. — « Sans vouloir que le roi fût rendu. » — Le sénat de la ville de Bologne, considérant les troubles dans lesquels le roi Enzio replongerait inévitablement l'Itahe s*il était rendu à la liberté, résolut de le garder prisonnier jusqu'à sa mort. Rien ne put ébranler sa résolution, ni menaces, ni promesses', ni les sommes d'argent que l'empereur lui ât offrir: il ne lâcha point Enzio, qui mourut à Bologne, où il fut enterré dans l'église Saint- Dominique.
Stance xlix. —«Une hallebarde bolonaise.» — - Croissant de jardinier.
«OTÏS 191
~ « Lâches. » — Cette apostrophe est eu idiome "bolonais dans l'italien.
Sta.nce L. — « Tentes Anténoriennes. » — C'était le quartier deUgon de Santuliana, c'està-dire des Padouans.
Stance LI. — « Lemisio ou Lemizion. » — Famille padouane très-ancienne. On ne trouve rien dans l'histoire touchant ce combat de Lemisio avec Sprangon; ce n'est donc qu'un combat, sans doute ridicule dont Tassoni a voulu se moquer.
Stance LIL — « Maugrebleu! » — Cette apostrophe est en idiome bolonais dans l'italien,
— « Pain moisi. » — L'italien dit : pain de «oi*riê.
Stance LXXL — « Le grand char est pris. » — Les Bolonais sont loin de convenir que leur char fut pris. Au contraire, ils prétendent que dans cette bataille ce sont les Modénais qui faillirent perdre le leur.
Staxce LXXVIIL — « Leroi deSardaigneaux Bolonais. » — Tous les historiens de Bol02-ne disent et affirment que le roi Enzio fut traité en souverain, que rien ne lui manqua, sinoa la liberté. Il en est cependant qui ont écrit que le prince fut enchaîne, mais avec des chaînes d'or. Malespine et Villani rapportent qu'il fut enfermé dans une cage de fer, et mourut dans un profond dénûment.
Staxce.LXXIX. —«Joyeusement son oie. »— En Lombardie, dans la plupart des maisons, on y rôtit une oie le jour de la Toussaint. C'est \m des grands régals qu'on fait dans ce pays. Le jour de cette fête, il y périt, dit M. de Cédors, plus de quatre cent mille oies mises ea brocbs ; c'est beaucoup.