DE LA LITTÉRATURE ITALIENNE
AU XVIIe SIECLE
Dans ces quelques lignes sur la littérature italienne, au siècle de Tassoni, nous dirons d'abord quelques mots sur liT littérature italienne en général au dii-septiènie siècle, puis nous parlerons de la Secchia Rapita de Tassoni en particulier.
De ta littérature italienne au XFIIe siècle. — Considérations générales. — Au dix-septième siècle, les peuples de l'Europe sont dans un mouvement continuel. Lorsque les uns s'abaissent, les autres s'élèvent comme par une règle invariable de leur nature. Ainsi, tandis que la France et l'Angleterre montent, pendant le dix-septième siècle, au plus haut point de splendeur, l'Italie commence d décliner; on n'y voit plus briller les grands génies qui ont fait sa gloire ; toutefois cej eudant, si elle déchoit, elle ne descend qu'avec noblesse de la première place qu'elle a si dignement occupée. Si l'élégance et le goût ont presque disparu de sa littérature, les sciences savent la dédommager et lui composent un cortège aussi brillant peut-être et non moins utile que celui des lettres, et les noms immortels de Galilée, de Toricelli. de Cassini, peuvent suffire à répandre sur elle uni gloire immortelle.
L« fin du dix-septième siècle forme une période bien tranchée de la littérature italienne. A cette époque, l'afféterie fait place à la sévérité et à la ré^rularité de style dans tous les genres. C'est une sorte de nouvelle renaissance, dans laquelle les écrivains s'efforcent d'égaler les anciens. L'Arcadie ou Académie des Arcades est fondée à Rome.
Abordons maintenant l'examen des divers genres traités par les écrivains italiens.
Poésie. — Si, au dix-septième siècle, l'Italie ne Toit point naître dans son sein des poètes tels que l'Arioste et le Tasse, elle peut encore s'enorgSeillir des Odes de Guidi et de Chiabrera, des chansons anacréontiques de Magalotti et des poésies pleines de grâce et de noblesse du sénateur Filicaga.
Tassoni, notre poëte, est le seul écrivain remarquable qui publie en Italie, au dix-septième siècle, un poëme de quelque étendue. Le Seau Enlevé nesi, il est vrai, qu'un charmant badinage, mais il y a déployé tout le talent que demande la véritable épopée.
Bracciolini et Lorenzo Lippi ne sauraient soutenir la comparaison avec lui : ils sont trop entachés de ce faux bel esprit que Marini avait mis partout à la mode dans la poésie. Son influence, sous ce rapport, fut très-funeste à la littérature de son pays.
linguistique. — Les études théoriques sur la langue font de nouveaux progrès; on continue et perfectionne l'important vocabulaire de la Crusca. De savants travaux de grammaire sont donnés par Leonardo Salviati, Benoît Buommatei, Gelso Gittadini, Mambelli et Bartholi.
Critique liitéra>re. — La critique littéraire atteignit aussi en Italie, au dix-septième siècle, une certaine perfection, à laquelle contribuent les disputes que soulève la Jérusalem Délivrée. Au nombre des écrits polémiques de ce temps, citons les Considérations de Galilée, qui eut