‹ Le seau enlevéChapitre 6 sur 40 · DE LA LITTÉRATURE ITALIENNE XVII · texte numérisé non relu

DE LA LITTÉRATURE ITALIENNE XVII

le malheur de nier le mérite du poiinie du Tasse. Des contestations semblables s'élèvent au sujet du Pasior Fido de Guarini, et ces discussions servent à fixer les règles de la langue et de la prosodie italienne.

Eloquence. — L'éloquence ne laisse à cette époque aucun beau monument : la chaire elle-même est en proie au mauvais goût qu'a introduit en Italie le poëte Marini.

Histoire. — L'Italie con.ple dans le dix-septième siècle deux de ses historiens les plus estimables ; Catherine Davila, qui a écrit avec talent VHisloire des guerres civiles de France (monument qui appartient aussi bien à la Fnnce qu'à l'Italie), et Guido Bentivoglio, qui composa dans le même temps une Histoire de Flandre. On peut citer encore Scipion Ammiralo, pour son Histoire de Florence, dans laquelle il a introduit le synchronisme ; Paul Baruta , qui , imitateur de Machiavel dans ses Discours politiques, s'efforce de l'imiter aussi dans son Histoire de Venise. J.-B. Nani, Paul Scarpi, génie eocyclopédique dont l'histoire passionnée du Concile de Trente provoqua celle du cardinal Pallavicino.

Tel est, à peu près, tout le bagage littéraire de l'Italie au dix-septième siècle.

De la Secchia Rapita de Tassoni. — La Secchia liapita le Seau Enlevé) de Tassoni est, comme nous lavons dit, un charmant et futile badinage. Ce poëme h'-rùï-comique, qui offre des morceaux brillants et des pas-ages ingénieux, trop rares, s'il a été trop exalté par Aposlolo Zeno, a été placé trop bas par Voltaire, qui iiuuve notre poëte de vers prodigue et d'esprit fort avare, et jugé trop sévèrement par La Harpe qui, le comparant au LiUrin, dit qu'il n'est qu'une production médiocre et froidement prolixe. Boileau, dans son Lutrin^ est plus indulgent quand i! invoqije la Muse :

'Ju:, por les traits Iir.rdis d'un l.i7nrr.' pinceau, Aiil i'itnlioen fi-a i>our la pcr;,? d"un seau.

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