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le mot d'AzeglIo, le jour où les Ilatient se seront rendus dignes d'un regard de la Providence doit luire, Napoléon III ne devait pas permettre que cette difficile qneslioD fût soulevée avant l'henre où la question orientale sera elle-même soulevée tout entière. L'indépendance de l'Italie ne pourrait être achetée que par des compensations accordées k l'Antricbe sur le Danube, si l'en croit possible de Taire sortir cette indépendance de l'actton de la diplomatie et de la paix. Sans compensations, elle ne poui*rait être conquise que par la guerre, et cette guerre, marquée dn caractère révolutionnaire, serait trësdilSeilemeiit localisée, comme celle de Crimée; elle deviendrait générale; toutes les puissances s'y trouveraient engagées l'une après l'autre : aulourd'h») l'AuU-iche et l'Allemagne, demain l'Angleteire, plus tard la Russie, qui pencherait du côté du succès. ■ Il faudrait une grande imprévoyant» et une
■ étrange ignorance de la politique européenne pour
■ méconnaître que si la France se mettait du cdlé
■ du mouvement italien, l'on verrait tôt ou tard la
■ coalition des quatre puissances se rerermer contre
■ elle(l).*
Je viens de dire que Napoléon III, s'il ne brise
(I) Discours de H. Gnizot, le 50 janvier 1846.
pas avec éoergie tes liens dans lesi}aels lè Piémoiit l'enlace, va se trouver enferma dans le dilemme d'une paix humiliée, d'un abaissement politique, oa d'une guerre générale e( téméraire contre l'Eu* rope coalisée. Il est un autre danger qui le menace, c'est de tomber en faisant cette guerre, et c'est de tomber encore en ne la faisant pas, en soulevant, le' lendemain d'une paix qui réjouirait la France, ta révolution italienne qui éclaterait comme une mine chaînée et dont l'explosion pourrait ébranler le trône impérial. Il n'est pas trop tard, peut-être, d'éviter ces périls, mais il faut la résolution du courage, la consciencedroite et haute qui repousse tout mauvais conseil, la raison calme et ferme que la [enlation révolutionnaire ne trouble pas. S'il faut celle sagesse à la France, il faut au même degré à l'Autrlcbe la haute prudence qu'elle ne peut abandonner, sans compromettre sa belle position ; il faut qu'elle évite les fautes que l'on épie et que l'Europe ne lui pardonnerait pas.
Napoléon III a élevé l'Empire & la fortune que j'ai rappdée tout à l'heure, parce {(ue l'Europe rassurée a cru à sa sincérité quand il a promis la paix, et h son intelligence pour la maintenir et la féconder. Le jour oà l'Europe douterait de Celle ferme intelligence et de cette loyale sincérité, l'Empire seutirait la
confiance générale se retirer et la force l'abaDdonner, et quand je parle de l'Europe, je n'en excepte pas la France.
Ne croyez pas que cet alTaiblissemeul je le désire et que je sois prêt à applaudir à cette chute. Si j'espérais, comme vous, que rhériticr de l'empire pût être la monarchie réconciliée, apportant à la France la paix, l'ordre el la liberté politique, je regarderais avec plus d'insouciance les événemenlsque l'on prépare. Mais je crois que l'héritier immédiat de lempire sera la révolution ; je désire donc que l'empire dure assez du moins pour ne pas laisser inachevée la mission qu'il a reçue de vaincre la révolution cl de préparer la France à la liberté politique sage et réglée. S'il remplit fidèlement, courageusement cette mission, il vivra, il se consolidera; s'il manque de cette fidélité et de ce courage, il tombera el laissera après lui l'Europe plus troublée, plus divisée, plus livrée à la désorganisation sociale c( politique qu'il nel'a trouvée le lendemain de 18i8.
Si j'ai plus de craintes que d'espérances, c'est parce que la situation me parait plus forte que les hommes, et que cette situation est mauvaise essentiellement. L'Europe est attaquée par tous les côtés à la fois : l'Europe des traités, l'Europe de l'histoire, se dissout visiblement; nous sommes devant
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un iaconna que nul ne peut sonder du regard ni de la pensée. Au dehors, dans les alliances et l'équililire général qui se rompl, désordre prorond et anarchie politique. Au dedans, décomposition sociale : les iostilulions s'en vont comme les dieux eux-mêmes, les gouvernements modérés et représentatifs disparaissentdans les grands Etats, les dictatures ne suffisent plus et les empires se suicident. La révolution s'avance, elle grandit de toutes les défections et de toutes les complicités : défection et complicité des classes politiques divisées, aveugles, donnant partout la main à toutes les oppositions et à tous les radicalismes; défection et complicité des puissances qui se préparent à faire l'œuvre révolutionnaire, en soulevant le principe exclusif des nationalités qui doit provoquer le remaniement territorial de l'Europe historique et la bouleverser pour plusieurs siècles peut-être ; défection et complicité des gouvernements qui croient échapper à la révolution en lui livrant l'Église el la papauté, et qui nourrissent le fol espoir de garder la place en abandonnant les fortifications et les murs 1
Remettons à demain noire promenade et la suite de cette conversation.
Aujourd'hui, il se fait tard; nous avons caus<^ longtemps et nous avons beaucoup marché ; uou
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