CHAPITRE II
La législation ouvrière de l'Empire autoritaire
L'ordre étant rétabli par Les décrets de La dictature qui paraissaient suffisants pour empêcher de se manifester et,à l'occasion, pour combattre toute revendication collective des classes ouvrières, le gouvernement devait employer toutes ses forces à hâter le relèvement de l'industrie pour s'attacher, non seulement Les ouvriers avides de travail et de bien-être, mais encore plus les conservateurs. À une époque où les affaires nombreuses, les emplois rémunérateurs offerts aux activités et aux capitaux présentent aux individus l’occasion de la fortune, les convoitises se détournent de la conquête du pouvoir politique et le gouvernement doit même bénéficier de la gratitude de ceux dont il fait si bien les affaires.
Pour favoriser l’expansion industrielle, après avoir encouragé la création des sociétés de crédit mobilier, des sociétés de crédit foncier (et amené la fusion de ces dernières en un établissement unique contrôlé par l'Etat), réorganisé la Banque de France, le gouvernement essaie de « répondre aux vœux exprimés par un
assez grand nombre de conseils qui demandent la ré-
vision complète de la législation industrielle » (1).
Cette révision de la législation industrielle, le gouvernement dictatorial l'avait déjà commencée au lendemain du coup d’État par la réglementation du placement des ouvriers. Dans la première séance de la commission qui avait été réunie pour étudier les moyens à employer, le 12 janvier 1852, le gouvernement avait fait une déclaration précisant très clairement quelle attitude il se proposait de prendre dans tous les cas où il pourrait avoir à intervenir dans les questions du travail. « Le Gouvernement, disait le ministre de l’Agriculture et du Commerce, n’a pas de système préconçu, mais il est déterminé à faire tout ce qui est raisonnablement et humainement possible pour améliorer le sort des classes ouvrières sans encourager parmi elles d’injustes exigences ; 1l entend accorder ce que l’équité réclame de manière à assurer la bonne intelligence entre les divers éléments de la société industrielle... Sans vouloir tout réglementer ni entraver la liberté du travail le gouvernement considère comme un devoir d'intervenir et de faire sentir son action toutes les fois qu'il se manifeste des abus dans Pordre industriel. La doctrine du « laisser-faire, laisser-passer » a eu de funestes conséquences qui doivent servir de leçons (2). »
Améliorer le sort des classes laborieuses, assurer la
paix et la stabilité à l’industrie par une intervention