Rapp. III. Tourneurs en cuivre, p. 17 et
— 280 = lesquelles, en payant fort cher, toute idée d’avenir est détruite : on est soigné si l’on est malade, enterré fort bourgeoisement si l’on meurt, mais si l’on vit vieux, l’on est sûr de rien (1) ».
Quant aux sociétés d’atelier, pour lesquelles certains patrons imposent des retenues qu’ils opèrent sur leur paye, elles ont comme résultat pour les ouvriers qui ne peuvent diminuer leur salaire du montant de la cotisation d’une autre société mutualiste dont ils pourraient être membres, de les priver des avantages auxquels leurs versements antérieurs leur donnent droit ailleurs.
Aussi le vœu de tous les délégués est la liberté pour la création de sociétés de secours mutuels professionnelles, ou même la création d’une société unique par métier qui aurait des ramifications dans le pays tout entier (2).
En dehors de ces associations incomplètes, la coopération est la forme d’action collective qui peut Le plus facilement répondre aux vœux des ouvriers. Tous les délégués se réjouissent de ses progrès, et malgré les facilités que la loi nouvelle du 26 juillet 1867 donne à tous pour fonder, selon l’expression de M. Rouher au cours de l’enquête, « des sociétés par petites sommes », les rapports réclament pour elles toujours plus de
liberté. Comme les délégués de 1862, ils comptent sur
1. Extrait d’un article de Tartaret, reproduit dans le Recueil des procès-verbaux, t. 1, p. 272.