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Rapports des délégués de Tindustrie du papier de couleur

« Eh bien, au milieu de ce luxe éblouissant, de ces établissements somptueux, il y a des fabriques où sont enfermés des enfants parmi lesquels il y en a qui n'ont point encore 7 ans, travaillant 11 et 12 heures par jour, privés d'air et portant déjà sur leurs traits les traces de privations et de souffrances, se nourrissant tout le jour avec un sou, vêtus hiver comme été, étrangers à toute notion de bien-être, riant de tout ce qui est mal, se plaisant dans le désordre... Et voilà une des premiêres raisons pour lesquelles vous comprendrez pourquoi vous avez admiré ces grands et magnifiques hôpitaux qui semblent encore trop petits, el ces tristes et formidables prisons qui étouffent

jusqu'aux soupirs.» T. IL, p. 8, el opticiens, p. 21,

tion que leurs prédécesseurs de 1862. Elle est encore à leurs yeux le seul remède efficace à la misère des ouvriers, le seul instrument d’émancipation (1).

Parmi les diverses formes d'association, la participation aux bénéfices, qui avait rencontré dans les discussions du passage Raoul (2) de chauds partisans et d’acharnés adversaires, est généralement repoussée dans les rapports. Si les ouvriers mécaniciens lui sont favorables, ils n’en voient pas moins les dangers et les occasions de conflits qu’elle peut faire naître. Quoique un peu sceptiques sur les résultats que donnerait son application immédiate, ils espèrent quand même voir accepter loyalement par l’industrie ce mode de rétribution, qui pacifiera les relations entre ouvriers et patrons (3).

Pour les tourneurs en cuivre, au contraire, la participation ne sera Jamais qu’une association bâtarde, car il n’y aura aucun moyen de forcer les patrons à se mettre en participation avec leurs ouvriers. Et ils ont

1. « Pour tout homme qui cherche la solution de ce grave problème, l'émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes, l'association doit être, en quelque sorte, le couronnement de l'édifice, le but vers lequel tous les efforts doivent tendre. » Sculpteurs, IL, p. 11. « C’est par l’association avec le travail libre, que nous parviendrons dans l'industrie à rétablir le droit du travail au partage du capital dividendaire qui est la véritable égalité... à effacer enfin l'inégalité produite par le salariat qui tient le producteur dans une

condition d’infériorité réelle, en donnant au capital une puissance

apparente et mensongère. » Passementiers, III, p. 23. Tailleurs, III, p. 26.

2. Cf. Reeueël... 6, III, 32° et 33° réunions. 3. Rapports... J[, Mécaniciens, p. 149.

peur que ses échecs ne nuisent à la faveur de l’association. « Admettreun tel compromis, disent-ils,ce serait à nos yeux abandonner le principe de l’association (1). »

Les sociétés de secours mutuels pourront-elles atténuer les conséquences de l'insuffisance des salaires ? En partie seulement, disent tous les délégués ; elles rendent en effet des services effectifs, et qui n’ont pas le caractère charitable des œuvres d'assistance, un peu humiliant pour celui qui en bénéficie. Mais un obstacle au développement des sociétés de secours mutuels, est le patronage de l'administration; son ingérence continuelle éveille les susceptibilités des ouvriers et les écarte de la mutualité officielle, qui est la plus avantageuse ; pour jouir des pensions prévues par l’article 6: du décret de 1852 (et les seules sociétés approuvées pourront se proposer de payer des pensions à certains membres), le mutualiste devra remplir des conditions déterminées, non par les sociétaires, mais par le” décret… et sa candidature, même approuvée par l’assemblée générale, devra encore être revêtue de l’approbation ministérielle pour que la pension soit accordée. IL n'y a donc pour les sociétaires aucun droit à la pension, entreeux il n'yaaucune égalité, car tous ceux qui paient une cotisation égale devraient pouvoir bénéficier des mêmes avantages. De sorte que les plus intelligents des ouvriers ont compris que « Sans l'égalité du droit à la pension, ces sociétés n'étaient plus que des sociétés d'assurance contre les désastres de la maladie, dans

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