SCÈNE I
DIEUDONNÉ , JQLLIVET.
DIEUDONNÉ
C'est vous ! vous me voyez si Joyeux , si surpris t Vous , monsieur Jollivet 1 vous , en France ! à Paris ! Le ciel vous rend à nous! Que de reconnaissance Je lui dois !
JOLLIVET
Cher enfant !
DIEUDONNÉ
Après trois ans d’absence I El qu'avex-vous donc fait pendant tout ce temps-là ? JOLLIVET.
Rien des choses : plus tard , je te dirai cela ;
Tu verras mon rapport, tu liras ('historique De nos excursions au centre de l’Afrique :
Envoyé par l’État , avec plusieurs savans ,
Nous avons pénétré dans ces sables mouvans,
Et bravement poussé nos courses pacifiques Chez des gaillards de mœurs fort peu scientifiques. Les faits prodigieux dont nous fûmes témoins... DIEUDONNÉ
J'entends, votre rapport dira tout.
Pour le moins.
Mais, qui me prend ? Faut-il qu’ainsi Je t'entretienne De mon histoire, à moi? Dis-moi plutôt la tienne. Parlons d’abord de loi , dont Je fus le tuteur.
Et dont Je suis resté l’ami , le protecteur ;
De toi que , dans le temps , en quittant cette ville , J'ai fait entrer commis chez mon ami Courville; Enfin, parle, dis-moi les nouvelles (Tici ,
Comment va tout le monde?
DIEUDONNÉ
Oh ! très bien , Dieu merci.
Cependant le patron, depuis son mariage,
Car il s’est marié pendant votre voyage...
JOLLIVET
Courville!
DIEUDONNÉ
Quinze mois après votre départ ;
Perdu dans vos déserts , où vous en faire part ? JOLLIVET.
C’est Juste; mais faut-il que Je le complimente? Entre nous, là, sa femme?...
DIEUDONNE.
Oh I sa femme est charmante.
Je n’en suis pas surpris, et le sorl a traité, Toujours, ce garçon-là comme un enfant gâté.
DIEUDONNÉ
Et , durant ces trois ans , ajoutez , Je vous prie , Que, des hasards heureux aidant son industrie.
Il a presque triplé sa fortune.
JOLLIVET
Vraiment ?
Tant de bonheur! car rien n’v manque.