‹ Le Second Mari, comédie en trois actes et en versChapitre 2 sur 44 · US SECOND MAKI · texte numérisé non relu

US SECOND MAKI

DIEU DOS NÉ

Assurément.

Et, pourtant, on dirait, alors qu’on l’examine, Que quelque ennui profond le travaille et le mine. JOLLIYET.

Lui I Courvllle !

DIEUDONNÉ

El, noter encor... rapprochement Birarre... que cela date, précisément,

De son mariage.

JOLLIYET.

Ah t

DIEUDONNÉ

Mon esprit sc torture,

Sans pouvoir hasarder la moindre conjecture:

Quoi qu’il en soit, chez lui, le moral est frappé. Toujours silencieux, sombre et préoccupé,

L’esprit toujours tendu vers une Idée unique,

Pris parfois, tout-à-coup , d’une terreur panique, A ses traits contractés, à ses regards ardens.

On devine un combat qui se livre au dedans :

Quel est cet eoneml ténébreux qui s’attache Sur un bomme de bien , dont la vie est sans tache? Quel poison si subtil peut ainsi pénétrer Jusqu’au fond d’un bouheur que tout semble assurer? C/est ce que nul ne sait : la seule chose sûre, f/est qu’il nourrit, au coeur, quelque grande blessure. Qui reste, pour nous tous qui le voyons souffrir. Impossible à sonder, et, peut-être, à guérir. JOLLIYET.

Allons, c’est Impossible, et, toi, tu t’exagères Quelques distractions , sans doute, passagères. DIEUDONNÉ.

Plût au ciel I mais tous ceux dont il est entouré , Savent que le portrait n’est pas exagéré.

JOLLIYET.

Je n’en puis revenir ; c’est extraordinaire.

Lui, l’homme le meilleur et le plus débonnaire ! lin changement pareil , et dans si peu de temps I Je n’y comprends rien, moi, son ami de vingt ans. Mais revenons à toi , car, vraiment, je t'oublie :

Que dls-tu? que fais-tu? Parle, je t’en supplie. Comment te trouves-tu dans cette maison-ci ?

Es- tu content?

DIEUDONNÉ

Hélas I

JOLLIYET, i<« inlértt.

Tu soupires aussi l

Serais-tu malheureux? Dis-moi tout, je t’en prie I Est ce que ton patron, par sa bizarrerie?..

DIEUDONNÉ

Monsieur Courvillel II n’est pour tien dans mou ennui, Et j’aurais tort, pour moi, de me plaindre de lui. Au contraire, il m’admet dans son commerce intime, Il me comble d’égards et de marques d’estime; lia, le mois dernier, doublé mon traitement ;

/Üé*ipi»iit 1» port» dm l'angle à gauche,}

Il me fait loger là, dans son appartement.

Et, pour récompenser, dit-il, mes bons services,

11 m’accorde une part dans tous ses bénéfices. JOLLIYET.

Cest donc sa femme, alors?

DIEUDONNÉ

Sa femme I ta bonté,

La p révenance même !

Enfin , de qnel côté

Meut ce chagrin, et qui faut-il que je soupçonne?

ISXURK, dan, la couüta*-, au fond.

Mon oncle !

JOLLIYET, remontant U «e.na et regardant au f<md.

Ou vient : quelle est cette jeune personne ?

Dis?

DIEUDONNÉ

C'est mademoiselle Isaure.

JOLLIVET

Isaurct.. attends,

La nièce du patron?

DIEUDONNÉ

C’est cela.

* JOLLIVET

Dans le temps , and son frère mourut, en laissant une fille, Courville s’en chargea. C’est qu’elle est fort gentille, Maintenant t

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