scène t
nlEinONNÊ, JOLUVET.
JOLLIVET
Quoi ! c’est là ton sceretl cette petite lsaure,
Tu l'aimes?
DIEUDONNÉ
Dites mieux, dites que je l'adore!
JOLLIVET
Pourquoi ne pas l’avoir avoué franchement ?
DIEUDONNÉ
Pourquoi ! Quand on allait la marier !
JOLLIVET
v rai ment.
J’oubliais...
DIEUDONNÉ
Ce u’étall déjà plus un mystère:
Vous comprenez, dès-lors, pourquoi J’ai dû me taire. QU’espérer d’un amour, qui s’en venait heurter Un projet d’union , prêt à s’exécuter?
Aussi, j’aurais quitté Paris, quitté la France,
Si l'on avait voulu, quand un mot d’espérance. Que madame Courvillc, en passant, m’a jeté.
Fait que j’ai dû changer d’avis, et suis resté :
Pour moi ,Joie et bonheur, tout est dans cette ville. JOLLIVET.
Je comprends; et ce mot de madame Courvllle,
Je me l’explique enfin , et te l’expliquerai.
Profitons du moment: si tu veux , je dirai Tout à Courvllle; c’est, tu sais, un très brave homme, Et qui l’aime beaucoup. Je ne vols pas , en somme. . . DIEUDONNÉ.
Ah I vous ne savez pas tout le malheur que J’ai ! Vous supposez, ainsi, mon amour pariagé?
JOLLIVET
Est-ce qu’il ne l’est pas ?
DIEUDONNÉ
Mon Dieu ! je vais vous dire Une chose bizarre , el qui vous fera rire .
Peut être.
JOLLIVET
Qu’est-ce donc ?
DIEUDONNÉ
C’est que je n'en sais rien.
Ces choses là, pourtant, se savent toujours bien. DIEUDONNÉ.
Non; c’est une froideur, un air d’indifférence ,
Qui ne m’a défendu , ni donné l’espérance ;
C’est au point qu’elle n'a pas même remarqué Mon amour, j'en suis sur.
JOLLIVET
C'est bien plus compliqué , Alors ; mais , cependant, avec un pen d’adresse... . J'ai beaucoup exercé, moi, sans qu’il y paraisse. J'ai bien aimé... non pas pour mon compte, s'entend; J’étais ce qu’on appelle amoureux-consultant. DIEUDONNÉ.
Pour vos amis , j'entends : leur gloire était la vôtre , I.’un sur l’autre appuyés... •
JOLLIVET
Et J’étais toujours l’autre.
Toi, ce qu’il faut d’abord, c’est qu’on t’aime. DIEUDONNÉ.
En effet!
JOLLIVET
Qu'as-tu fait pour cela , voyons?
DIEUDONNÉ
Ce que J’ai fait?
J’y pense Jour et nuit; je souffre , je soupire ,
Je m'enivre, en secret, de l’air qu’elle respire...
Voilà tout?
DIEUDONNÉ
Voilà tout.
JOLLIVET
Mais , pauvre ami , c’est là
L’cnfaucc de l'art.