‹ Le Second Mari, comédie en trois actes et en versChapitre 25 sur 44 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

Peu m’importe, après tout : Courvllle est aujourd’hui Plus tranquille, et Monsieur Jolllvet près de lui...

COCR\ ILLE, rnlnnl par lr fond iim Joli ntl.

Je te l’ai déjà dit, Je te le dis encore,

Je n’ai rien ; que veux-tu que j’aie?

JOLLIVET

EU je l'ignore.

Il* 4 ('.OCR VILLE , olnartant «on nuri, à part.

Quel air, mon Dieu I ma joie était trop prompte, hélas ! JOLLIVET.

Dieudonné...

COURVILLE

Quoil voyons? Puis-Je pas être las?

N’ai-je pas mes travaux ? et faul-il que Je rie Du matin jusqu’au soir ?

JOLLIVET

Calme-toi , je t’en prie !

On se sera trompé; mais ce déplacement....

( Ton) entre per la droite, dépote d*« peliaae» *ur un faulruil et (Mi. )

COURVILLE

Qu’est-ce donc? Ces manteaux, pourquoi faire?

M» 4 COURVILLE, étonnée.

Comment I

N’avez-vous pas parlé, mon ami, de spectacle?

COURVILLE

Ah ! vous avez raison.

M" B COURVILLE

Survient-il quelque obstacle?

Je ferais avertir le Comte.

COURVILLE, à paru

Oui, l’Opéra,

Tout ce monde , ce bruit, cela me distraira.

Et jamais Je n'en eus plus besoin.

1SAURK , arrivant par le fond , drux bouquet* à la main.

Ah! ma tante!

Ma tante! voyez donc! et que je suis contente ! Voyez les beaux bouquets que l’on vient d’apporter Pour nous...

COURVILLE

Ah! c’est pour vous!

JSAIRE.

Tom vient de les monter.

JOLLIVET

Au fait , Us sont charmans.

COURVILLE

Et peut-on , Je vous prie , Savoir de qui vous vient cette galanterie?

JSAURE.

De qui?.. C’est vrai, mon Dieu, J’y pense maintenant, Je n'ai pas demandé.

COURVILLE

C’est assez étonnant.

( A «■ fenirnr. )

Et vous?

COURVILLE

J’ignore aussi...

JOLLIVET, à paru

Moi, j’y suis, je parie Que ic gaillard a lu déjà ma théorie,

Moyen numéro deux , je le reconnais bien.

COURVILLE

Qu’on fasse venir Tom.

JOLLIVET

Cela ne sert à ricu.

S’il l’importe si fort de savoir la personne .

Je peux...

COURVILLE

Tu le sais donc ?

JOLLIVET

Du moins je le soupçonne.

En y pensant un peu, tu l’aurais deviné:

C’est une attention...

COURVILLE

De qui?

JOLLIVET

De Dieudonné.

COURVILLE

Dieudonné !

C’est tout simple : H voulait vous surprendre. Tu comprends?

COURVILLE

En effet, je commence à comprendre.

M** COURVILLE

Mon ami. si ces fleurs vous inquiètent tant.

Nous ne les prendrons pas. Voyons, soyez content.

( Elle prend le» bouquet» et le» met »ur U table. )

JOLLIVET

Mais II ne tient donc pas? Car il est de la fête,

Je pense?

( Dieudonné entre par le fond. )

Le voici.

{ Bat , à Dieudonné. J ✓

La tenue est parfaite,

A merveille.

DIEUDONNÉ , bas " JoJlir I, et tirant à demi une lettre de ta pnclir .

Ah! Monsieur, si nous pouvions causer Ce soir... Si vous saviez ce que je viens d’oser!

JOLLIVET, de même.

Je le sais.

DIEUDONNÉ , «iloiinr , de même.

Quoi déjà!

JOLLIVET, de même.

C’est très bien ; continue.

DIEUDONNÉ, à part. .

Comment peut-ll savoir?.,

JOLLIVET , haut.

Ah ça , l’heure est venue, L’Opéra n’attend pas ; nos chapeaux et partons. COURVILLE.

Nous n’irons pas.

JOLLIVET

Comment as-tu dit?

COURVILLE

Nous restons.

M“ # COURVILLE

Eh quoi ! vous voulez?..

COURVILLE

Ou!; le Jour d’une arrivée Je réfléchis que c’est peut-être une corvée Tour Jolllvet, il est très las.

JOLLIVET

Mais non.

, COURVILLE

Mais si ;

Tu dois l'élre : tant est que nous restons ici.

Ce pendant..

ISAURE , bat à Jollirct.

Ali monsieur Jollivet, prenez garde; Quand mon oncle est ainsi, quiconque se hasarde A lui dire un seul mot , bien loin de le calmer ,

Ne fait que l’irriter encorc*ct l’enflammer.

iU

JOLLIVET

C'est bien t . . je «’y suis plus du loutl COU n VILLE.

Que l’on remonte

Chacun chea soi.

JOLLIVET

Comment ! es-tu fou , de bon compte ?

A sept heures! passons plutôt, au coin du feu .

La soirée en famille, amusons-nous un peu :

Qu'est-ce que nous pourrions faire pour nous dis- Car vraiment, tu parais t’ennuyer. (traire?

COURVILLE , préoccupe.

Au contraire.

< Il tefurd« «tre iitquirtuilc Dieudonné . qui CIUM tout lia* aiec Mmt li-u- ville dan» le coin «lu du «lie.

JOLLIVET

Quelque chose de gai... par exemple, on pourrait Lire les journaux hein ? %

|&i(ne iTinpillditf «le CouriiiU.)

Allons , 11 paraîtrait

Que Je suis mai tombé ; passons h d’autres choses, line Idée! un piquet : je crois...

LOL'RX ILLE , bondi lus ilifgirdiut toujours «lu dit «le «« frnima

Tu me proposes

lin piquet!

JOLLIVET, interdit.

Pourquoi pas? je voulais... je cherchais L’n moyen de passer le temps : si les échecs , Pourtant te plaisent mieux...

« OUIt VILLE, dt même.

Jouer ! une partie

Avec moi!

JOI.LIVET

Qu'as-tu donc? quelle brusque sortie?

LOURYILLK , à part.

Comme autrefois, toujours!

iHaut.)

Ce que j’ai! ce que J’ai!

El c’est toi...

JOLLIVET, è part.

Le cerveau, bien sûr, est dérangé.

COCRVILLK, à pan.

Jusques à mes amis! est-ce assez de martyre!

(Haut.)

Combien faut-il prier de fois qu’on se retire? DIEUDONNÉ.

J'obéis.

(Il M»ft par Ir fond.' Mme COURVILLE, à part.

Ah I mon Dieu l prenez pitié de moi !

«Elle aortpar la droite. | COURVILLE, à Jollirei.

Toi, nous aurons demain à causer.

JOLLIVET

El de quoi ?

COURVILLE

Rentre chez toi , d'ahord.

JOLLIVET

Ah ça, mais. Je t’en prie, A la fin , quelle est donc celte plaisanterie ? Décidément , si c’est pour me traiter ainsi ,

Que tu m’as fait loger dans ta maison, merci!

C’est me faire payer trop cher cet avantage :

Me ballotter ainsi de l’un ù l’autre étage,

Me traiter en enfant qu’on fait aller coucher ,

Tout cela me fatigue, à ne te rien cacher.

Exerce sur les tiens Ion humeur difilcilc.

Mais moi , j’ai conservé mon ancien domicile ,

J’y retourne; entre nous, que tout soit séparé;

J’ai des lettres à toi , Je te les renverrai : j Surtout plus de logis commun, chacun le nôtre.

| Crois-moi, cela vaut mieux pour l’un comme pour l’au- Je n’en reste pas moins ton ami de tout cœur, (tre; Mais ton hôte! mon cher, je suis ton serviteur.

(Il M»rl par la gauche. > ISM RE, A l'otiriiltr.

; Vous le laissez partir?

COURVILLE

C’est bon , Mademoiselle , Faites ce qu’on vous dit, et trêve à ce beau zèle;

Je viens de vous donner l’ordre de remonter,

Ne me contraignez pas à vous le répéter.

{Il *orl par le fond. I

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