ALBERT SAVINE, ÉDITEUR
189a Tous droili réservés.
Fie
Vous venez de me prêter le serment de fidélité. A partir d'aujourd'hui, il n'existe plus qu'un seul ordre : celui de Ma Majesté; vous n'avez plus qu'un ennemi, le mien !
Et dussé-j(^ peut-être un jour vous commander de tirer sur vos propres parents, oui, sur vos pères et mères, sur vos frères et sœurs, ce jour-li souvenez-vous de votre serment!
{Allocution de V Empereur Guil^ laume aux recrues des gardes du corps de Potsdam. Décembre 1891.)
CONSIDERATIONS GENERALES
résent volume est âmes yeux comme Tinsable complément de mes travaux antérieurs hapitre nécessaire qui manquait à mes livres vient tout naturellement s'y ajouter.
Dans ma pensée, en effet, chacune des éludes ^partielles que j'ai entreprises pour peindre la société actuelle était destinée à se rattacher à un plan général. Chacun de ces chapitres mettait particulièrement en relief un représentant des hautes fonctions sociales, démontait et examinait un des grands ressorts du mécanisme gouvernemental, «nal^Tsait une des maladies principales de Torgaoisme.
Dans Erlanger^ ses juges, ses défenseurs et ses victimes vous voyez le Juge vénal en face du Financier voleur.
Ce Juif se livre aux plus fantastiques escroqueries, il lance des actions de mines qui n'ont jamais contenu une parcelle de minerai, il fonde des sociétés dans lesquelles des gens dont il est impossible de retrouver le domicile, puisqu'ils ont donné leur adresse dans des rues qui n'existent pas, sont censés avoir souscrit pour des millions et avoir versé des centaines de mille francs. Un des actionnaires fondatetirs est indiqué, par exemple, comme ayant souscrit poojr un million d'actions sur lequel il a versé 290,000 francs ; après bien des recherches on finit par retrouver cet audacieuTt fonda-
CONSIBEBATIOMS GENERALES
teur de sociétés ; c'est un vieillard de 90 ans, dont la fille est cuisinière et le gendre laveur de voitures et qui, recueilli par ses enfants, habile avec eux un pauvre log'emcnt dont tout le mobilier vaut bien cent francs !
Le baron n'en est pas moins triomphalement acquitté, il reste officier de la Légion d'honneur et quand arrive la grande semaine de Deauville, ce Juif racle un andante sur le violoncelle pendant la messe, après l'Elévation, et les hôtes les plus distingués de cette station balnéaire viennent le félicUer de ses talents.
Le lendemain, le Juge qui a acquitté Erlanger condamne à la prison de pauvres diables qui ont volé un morceau de pâté, une tablette de chocolat, un potiron dans un champ ou qui se sont rendus coupables de la filouterie d'aliments en se faisant servir à manger sans avoir un sou dans leur poche ; Mb tombent sous le coup de l'article du Code qui pjunit Tescroquerie, parce qu'en laissant à l'hôtelier l'illusion qu'il sera payé à la fin du repas ils lui ont « fait croire à un événement chimérique et imaginaire. » Erlanger, en volant trois cents millions aux Français avec des prospectus de sociétés qui prc-
mettaient monts et merveilles, n'a pas fait croire à un « événement chimérique et imaginaire », et le Juge se courbe en deux pour le saluer... Vous comprenez la nuance.
Devant cette prostitution de la Justice vendant l'impunité aux millionnaires, vous pouvez vous indigner ou rire selon que vous avez le caractère chagrin ou l'humeur badine. En tout cas, vous sentez qu'il y a un ressort cassé, une fonction sociale qui ne fonctionne plus, un organe qui est atrophié...
Dans Panama ou Une entreprise au diœ neuvième siècle^ vous voyez à l'œuvre d'autres Pouvoirs sociaux : le Parlement, la Presse, les Académies agissant de concert pour arracher à de petites gens, auxquels on ne cesse de prêcher l'épargne, les économies réalisées pendant toute ime vie de privations et de travail.
La Presse, particulièrement, se confesse devant tous et apparaît telle qu'elle est. C'est le « grand facteur moral », comme disent les Allemands; elle a hérité en partie de l'influence que l'Eglise exerçait jadis sur les intelligences ; elle est le conseiller, le guide toujours écouté pour beaucoup qui ne
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pensent que par leur journal, elle a une responsabilité très grave puisqu'elle a une autorité considérable.
Quel usage fait la Presse de ce pouvoir? Pendant huit ans elle célèbre sur tous les tons un homme que les journalistes, dans le bureau de rédaction, traitent chaque jour de Robert- Macaire et de flibustier; elle vit de l'argent que cet homme fait sortir des petites bourses à l'aide de promesses que tout le monde sait être mensongères ; elle n'élève pas une seule fois la voix pour avertir ceux qui ont confiance en elle et pour leur dire la vérté.
Cela n'empêche pas les journalistes d'être individuellement d'aimables et charmants compagnons ; ils subissent eux-mêmes la fatalité d'un régime qui est prostitutionnel et qui oblige les gens à se prostituer sous peine de disparaître. Vous n'en voulez pas aux hommes, mais vous constatez que là encore le détraquement moral est complet.
Après le Juge, le Député, le Journaliste, l'épisode de Fourmies va vous montrer le Fonctionnaire.
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Le natif, le Français appartenant à des familles honorables, « le (ils de bonne mère » comme oa disait jadis, a été éliminé et mis en dehors de tout emploi comme suspect de cléricalisme. Le Juif fonctionnaire a tout envahi et le Bourgeois francmaçon en est content parce que le Juif flatte sa manie antireligieuse. Seulement, au moment du danger, le Juif, en vrai Juif qu'il est, trahit ou caponne, et le Bourgeois franc-maçon llatté dans sa manie antireligieuse est inquiété dans ses intérêts et menacé dans sa vie. Tout retombe alors sur le Militaire qui, abandonné par ceux qui connaissent la loi, se livre à des massacres illégaux, contre lesquels proteste l'opinion et qu'il serait difficile de renouveler tous les ans...
Il y a là une situation qui mérite l'attention, car les faits de cette nature sont destinés à se reproduire à des intervalles de plus en plus rapprochés puisqu'ils tiennent à une cause générale. Il est clair qu'à des fonctionnaires dans le genre d'Isaac, recrutés dans des familles tarées, fils de Juifs ou de naturalisés de fraîche date, étrangers à toutes les idées dont s'inspiraient les Français d'autrefois, on ne peut demander d'avoir du sang-froid.
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derhumanité, du coi>iarag:&;.Le seaaiàmïent du Devoir fiunquel ils: sont totaLemejoi feirmés a'est poiat là pour les soutenir dans les mcobentsi décisifs.
Dans ces condliicos, les premieFSi Mai pFcciicûns mettront de plus en plus en contact direct le Militaire et l'Ouvrier. Mais, avec le service pour tous, il n'y a plus de vrais militaires que les ofEcier»; le soldat a été un peu ouvrier et l'ouvrier a été mm peu soldat. Sous l'influence d'un événement quelconque le fragile équilibre qui existe encore entre ces senticnents contradictoires peut se rompre tout à coup, et il est permis de supposer qu'il se trouvera un i*** Mai où le Militaire s'avisera que décidément il est plus ouvrier que militaire.
La Ploutocratie juive s'illusionne, d'ailleurs, beaucoup en s'imaginant que les officiers se feront égorg"er jusqu'au dernier pour défendre lescoffresforts et les palais d'Israël.
La horde de Juifs allemands qui s'est abattue sur notre pays déteste dans l'armée un des rares éléments sains de notre France et travaille tant qu'elle peut à avilir et à ridiculiser ceux, qui portent l'uniforme.
Quand il vient de Cologne et qu'il s*appelle Elu-
gène Mayer, le Juif trouve fort bon que Camille Dreyfus se rende à la synagogue avec ses insignes de député ; en revanche, il traite de « cléricafards, de Pierrots d'église et de Polichinelles de sacristie » les officiers qui se permettent d'aller à la messe.
Quand il vient de Hambourg et qu'il s'appelle Joseph Reinach, le Juif se déguise en officier français pour apprendre à l'Allemagne que notre cavalerie est au-dessous de tout et pour déclarer que de braves généraux qui ont fait leurs preuves sur tous les champs de bataille sont bons à entrer aux Invalides.
Quand il vient de Bavière en passant par Constantine et qu'il s'appelle Isaac Seligman, le Juif laisse à l'cu^mée tout l'odieux d'une répression atroce qu'il eût été facile d'éviter.
Les officiers ont subi stoïquement tous ces outrages, mais soyez sûrs qu'ils ont les mêmes idées que tous les Français honnêtes ; comme me l'écrivait l'un d'eux, ils ont du Juif « plein le dos » et ils hésiteront certainement à ensanglanter le pavé des villes pour sauver M. de Rothschild.
L'affaire de Fourmies,qui a été sévèrement jugée dans Tarmée, ne prouve absolument rien. Isaac a
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eu la chance de tomber sur un officier tout à fait médiocre comme intelligence et comme cœur. A la place du commandant Chapus beaucoup d'officiers que je connais auraient pris le petit louddi par le bras et lui auraient dit : « C'est une responsabilité terrible que celle de verser le sang français, ce souvenir-là vous suit toute la vie et la pensée de ceux qu'on a tués peuple les nuits de tristes fantômes ; avant de donner Tordre de tirer je tiens à ce que vous fassiez votre devoir de sous-préfet. »
Le résultat final sera probablement celui que j'ai si souvent prédit. Le Juif qui est devenu notre maître en faisant battre les Français entre eux, verra un jour tous les Français se réconcilier sur sa peau.
Quoi qu'il en soit, il est bon de regarder de près ce qui se passe. Le drcune de Fourmies, où le hasard a joué le plus grand rôle, a été l'accident fortuit qui fournit l'occasion à un médecin d'ausculter un malade : à ce titre il doit être étudié dans tous ses détails. L'enquête que la Chambre a obstinément refusé d'ordonner était indispensable et nécessaire ; c'est pourquoi je me suis décidé à l'entreprendre.
J'ajoute qu'un Juif étant dans raffaire, je n'ai pas voulu, par excès de scrupule, aller tout seul à Fourmies dans la crainte d'être accusé d exagération et de parti pris. J'ai eu la chance d'emmener avec moi le compagnon que j'aurais rêvé entre tous pour une semblable excursion.
Mon compagnon de voyage, Urbain Guérin, que connaissent bien tous ceux qui s'occupent de questions sociales, est un des plus brillants disciples de Le Play ; il a publié d'après la méthode Le Play des monographies industrielles qui oat été remarquées de tous ; le beau livre de lui paru tout récemment, y Evolution sociale^ a encore augmenté sa réputation dans le monde des économistes.
Mais ce qu'il importe défaire remarquer, c'est que ce sociologue de talent est aussi l'homme de ses livres, un homme très convaincu, très dévoué à la cause catholique, mais en même temps un homme très froid, presque polaire, très calme, très pondéré, épris avant tout d'exactitude et de précision.
Je disais souvent à Guérin pendant le cours de ce petit voysige : « Je suis content que vous ayez entendu ce témoin en même temps que moi, car
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lorsque je reproduirai ce qu'il m'a dit on m'accusera d'avoir obéi à mes passions. »
Vous verrez que toutes mes précautions ne me serviront à rien et qu'à propos de ce véridique et impartial récit on trouvera encore moyen de m'appeler pamphlétaire. Il est des gens que la vérité gêne toujours...
Un village industriel. — Ouvriers et patrons. — Les salaires. — Arrivée de Cuiine. — Les millionnaires francsmaçons préparent toujours le terrain aux Cuiine et aux Basly. — Cuiine accusé d'être déserteur. — Strauss l'est aussi. — Basse hypocrisie de la Bourgeoisie républicaine. — Passy et Basly. — Cuiine ou le Joffrin de l'avenir.
C'est UQ très riant et très plaisant pays que ce coin du Nord verdoyant comme une enclave des Ardennes, avec je ne sais quoi d'humide et de mou dans l'air et d'indécis à l'horizon. Fourmies n'a rien de l'aspect lugubre de ces cités industrielles qui avec leurs cheminées d'usine toujours allumées vous donnent la sensation de l'Enfer, évoquent la pensée d'âmes désespérées et glacées au milieu
d'uQ feu éternel. Les maisons ouvrières en briques rouges touchent à la campagne, à la verdure ; elles sont propres et gaies à voir à l'intérieur.
Accueillante et serviable à l'étranger, la population de tisseurs et de fileurs qui habite là est douce comme les moutons dont elle peigne et travaille la laine ; elle n'est point rongée par l'alcoolisme, cette plaie des villes manufacturières, et fait seulement un usage immodéré de la bière du pays, sorte de breuvage inoiïensif que les ménages fabriquent souvent eux-mêmes et qui n'a d'autres inconvénients que de solliciter la vessie avec une insistance véritablement importune : au lieu de monter au cerveau et d'y mettre des excitations et des férocités, la boisson s'en va paisiblement par en bas...
Sans doute la vie d'usine produit là ses effets accoutumés, mais les mœurs n'y ont pas prisencore le caractère d'impu leur et de bestialité qu'elles ont dans certaines régions. C'est à pdae si nous avons vu une exception. A un endroit qu'on appelle la Succursale du toinbeau des lapins^ des demoiselles légèrement folâtres voulurent engager une conversation un peu vive avec
Guérin. Mis en éveil par celte enseigne bizarre, Guérin, je dois le dire, répondit avec beaucoup de fermeté qu'il appartenait à Técole de M. Le Play et que l'étude de la question sociale ne lui laissait aucun loisir.
Il y a, d'ailleurs, de curieuses enseignes à Fourmies, celle-ci notamment que j'ai lue à quelques pas de la place où a eu lieu le massacre et qui, à cet endroit, fait rêver :
A la belle devise :