‹ Le Secret de mon oncle, vaudeville en un acteChapitre 27 sur 32 · SCENE XX H · texte numérisé non relu

SCENE XX H

Les Mêmes, ERNEST

ERNEST, enlr/tnl uu moment où Bardulin va sortir. Eli bien, docteur?

B \RDOt.iv Mon cher monsieur, parlez vous-même.... J’ai pour principe de ne pas me mêler... je vous souhaite bien le bonjour.

(U sort par la gauebe.)

DESJOBERT, lias à .1/“» de Brétonville.

Mon neveu 1 madame ! devant lui, modérez-vous, je vous en prie.

Ernest . Mon oncle, est-ce que le docteur ne vous a pas parlé?

DESJOBERT. Si fait, monsieur... avec vos espiègleries, vous êtes cause que j e viens d'essuyer une , affreuse tempête C’est vrai, «u vas dire que j’ai une fille à ce bavard de docteur qui vient me la demander en mariage, devant madame, devant cette chère

amie qui s’est presque mise en colère.

Ernest. Peut-être aurais-je dtj m’adresser d'abord à madame ?

brétonvillr. A moi, monsieur?

ernest. Eh! sans doute... ne sais-je pas que vous êtes sa mère ?

de breton ville, qui ne peut plus se contenir. Juste ciel ! vous voyez, monsieur, i quoi vous m’ez posez.

üesjobert. C’està en devenir fou, ma parole d’honneur.

ernest . Peut-être croyez-vous que mon amour n’est qu’un caprice , né d’aujourd’hui seulement; non, mon oncle , cette jeune personne dont je vous parlais ce matin, c’est elle, c’est votre fille que j’ai rencontrée aux eaux de fiagnères.

sr” de brétonville. Aux eaux de Ba-

I gnères ?

desjobert. Ah! ah! c’est aux eaux de

Bagnères!

ernest. Oui, mon oncle... et je ne sais pourquoi elle m'avait dit qu'elle allait à Pins; jugez de ma joie en la retrouvant ici ; j'ignorais encore quelle fût votre fille,'

| c'est elle qui me l’a fait entendre, malgré|

. la frayeur que lui inspirait mon titre de j neveu... car vous lui aviez fait la leçon-, 1 | j’en suis sûr.

' DESJOBEnT. C'est vrai, c'est vrai.

' »" DE brétonville, à part. Serait-ce

ma nièce?

j desjobert , à part. C'est la petite couj sine.

ernest. Il parait que vous aviez donné j le mot à tout le monde , même à sa cousine, que j 'ai revue également chez vous, et qui est fort gentille; je vous avoue qu'aux eaux j’avais d'abord adressé mes hommages à toutes les deux.

desjobert. Ah ! tu faisais aussi la cotir

à l’autre.

i ernest. Mais il n'y en a qu'une que j j aimais réellement... et j’espère qu'à pré- , sent rien ne vous empêche de combler mes vœux.

desjobert. Oui, quand tu reviendtas...

à ton premier voyage.

ernest. Non, mon oncle, c’est à l'instant qu'il inc faut une réponse.

desjobert. Ma foi, mon ami, demande à ma femme.

*"* DE brétonvili E. 11 me semblequ’avant tout il serait bon de consulter...

ernest. Votre fille? c’est assez juste.

Pourtant j'aurais préféré... c’est peut-être un enfantillage... mai» vous ne vous figurez pas sa terreur, qu-nd je lui ai proposé de demander sa main à mon oucle.

DE brétonville , à part. O ciel !

me serais-je trompée ?

desjobert, à part. C’est singulier, je ne vois pas pourquoi Estelle...

ernest. Peut-être aussi êtes-vous trop sévère? je vous soupçonne de la tyranniser un peu. .. et sa conduite aux eaux en est U preuve.

Am : L'amour qu’ Edmond.

De l'amour quittant le langage,

Quand parfois, d*un ton plus discret...

Je lui parlais de mariage,

Jamais elle ne répondait...

Ce mot, qni toujours d'une femme...

Fait battre le coeur de plaisir»

Semblait éveiller dans son ame Un regret plutôt qu’un désir...

M n * de brétonville, à part. Je suis au supplice.

desjobert , réfléchissant. En vérité j’ai peine à concevoir...

M“ c DE brétonville. Ce que vous venez de dire me décide, monsieur.... je ne puis donner mon consentement.

desjobert, à part. Elle refuse !

ERNEST. Songez-y bien, madame, mon bonheur, et le sif n peut-être dépendent de vous ; car elle m’aime , je ne saurais en douter.

desjobebt . Eh quoi ! cette jeune personne, tu la voyais tous les jours? tu étais admis chez elle?

ERNEST. Non... elle me fuyaitd’abord ; elle ne voulait pas me recevoir, et celte rigueur m’irritait contre elle... mais enfin... •

DESJOBEBT. Enfin?

ebnest. Un soir... au bal... elle consentit à me suivre au jardin, et là, j’obtins un aveu...

*”• de BRÉTONVILLE, à part. Comment interrompre cet entretien?..

desjobert. Encore un mot... tu ne nous a pas désigné celle des deux cousines...

M"‘ DE brétonville. Mais, monsieur , en voilà assez... cette conversation vous fatigue, vous paraissez souffrir.

desjobert. Ce n’est rien... laissez-moi.

ernest. En effet, mon oncle, vos traits sont altérés.

desjobert. Enfin , tu dois savoir leurs noms... réponds-moi... •

DE BRÉTONVILLE. Vous pâlissez...

je vais appeler quelqu’un.

(Elle court à la sonnette et la tire fortement.)

desjobert. Arrêtez, madame .... {A pari.) Il n’est plus temps.... elles vont venir...

ERNEST, à pari. Comme il est agité...

desjobert. Son nom... son nom... je t’en prie...

ernest. Mais, mon oncle... d’où vient ce trouble... cette émotion ?

desjobert. Son nom , te dis-je?..

ernest. Mon Dieu !.. mon oncle... et tenez... la voilà !..

(En ce moment, Estelle et Diana viennent de paraître an fond.)

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