‹ Le secret de Polichinelle, comédie en trois actesChapitre 43 sur 92 · ACTE M tu XI h: ME 7t · texte numérisé non relu

ACTE M tu XI h: ME 7t

JOrVMNEL; do mômo.

Je me dirais...

MAUIE.

Vous vous diriez ?

JOUVENELj de plus en plus cmharrasbô.

Je me dirais... Je me dirais... mais oui, parfaitement.

MARIE, s'efforçant do garder Sun sérieux.

Oui... couime ça je comprends.

JOUVUNEL.

i^etite moqueuse 1

MARIE

Non, mais que voulez vous, monsieur, quand je j»ciise à loul ce qui s'est p.issé, à tout ce qui se passe,' j'ai un peu le «Iroit <l'èlre craintive! C'est trop de bonheur d'un seul coup!

JOUVKNEL, on souriant.

Ça n'est pas naturel.

"^ KIARIB, souriant aussi.

Je ne dis pas cela.

JOUVENEL

Ahl vraiment 1

MARIE

.\i»ii, non, je ne dis pas cela... Mais enfin, récapitulez. '■

•TOUVENEL.

r.'"' Mpitiilnns. (A part.) Je fais tout ce ([u'elle veut.

MARIE

J'ai eu la chance de renconlrerun être qui m'aiuie . iti iio je Tnime : sincrrcmont. Oe ce t^rand aniour

72 LE SKCRKT D fc) POLICHINELLE

est né un petit enfunt... Gela eût pu siiffire à l'éloij^nier... Cela arrive?

JOUVEXEL

Quelquefois.

MARTE

Eh bien, non 1 II s'attacha à moi tous les jours davantage.

JOUVENEL, à part.

Je comprends cela.

MARIE

Un soir, Robert se plaignit : il ressentait, disait-il, des bobos un peu partout ! Je le mis au lit et, dés qu'il fut couché, je pris sa menotte dans ma main et j'essayai de le distraire, en lui racontant des histoires, pensant : « Il a trop joué ». En effet, ses lar-: mes cessèrent comme par enchantement! Et comme tje lui demandais : « Ça l'amuse, faut-il continuer? » ;Je vis ses pauvres chers yeux qui me regardaient lixementî « Robert, fi s-je, où as-tu mal? parle, ré- , ponds-moi! Voyons, Robert, mon chéri, parle, je l'en supplie, tu fais peur à ta petite mère! » Il me regardait toujours! Et rien! Pas un mot, pas un sou!.. Alors, je sentis comme de la glace qui cou- -^itrit dans mes veines!.. J'appelai!.. J'appelai!.. Personnel.. Martine était descendue!.. Et je retournais auprès du petit et je le quittais et je revenais et je l'embrassais... Enfin, à bout de forces, ivre de douleur, je fis ce que toutes les mamans auraient fait à ma place : je saisis mon enfant dans mes bras et je oae mis à pleurer.

JOUVENEL, ému.

Voyons... voyons... ma chère petite...

Page 1