ACTE DEUXIÈME ^H
ROBERT
Comme ça?
MADAME JOUVENEL, en souriant.
Oui, comme ça, mon amour!... (un temps.) Oui...' oui... Ce sont bien ses yeux, n'est-ce pas ?
MARIE) d'une extrême timidité et se tenant à distance jusqu'à la fin de cette scène.
Oui... madame.
MADAME JOUVENEL, vivement et gentiment.
Oh ! mais il vous ressemble aussi... sans celu, il ne serait pas si joli !... (un temps.) Et ces petites mains!... Ohl ces petites mains, madame !... donne tes petites
mains^ mon chéri !... (tlle les prend dans les siennes, les couvre de baisers, puis à part.) Je comprends que Tr^-
voux soit revenu tous les jours !
ROBERT
Comment que tu t'appelles?
Robert !
MADAME JOUVENEL, à Marie,
Laissez donc!... laissez donc... (a Robert.) Tu tiens à connaître mon nom?
ROBERT
Oui.
Pourquoi ?
Pour savoir.
MADAME JOUVENEL
ROBERT
MADAME JOUVENEL
Au fond c'est assez juste... c'est pour savoir qu'il
le df^mande 1 Eh Lien, je m'appelle madame Jouvenel.
ROBERT, vivement.
Oh ! maman !... Gomme papa I
MADAME JOUVENEL, radieuse.
Oh! maman 1 Gomme papa !... Comme il a bien dit cela!... Oui, comme Ion papa, mignon, (un temps.) Il a toujours les jambes nues, ainsi?
MARIE
Toujours... oui, madame.
MADAME JOUVEXEL.
Kn effet, c'est plus sain, môme en plein hiver. Plus de migraines, plus de jnaux de lète?
MARIE
Non.
MADAME JOUVENEL
En somme, il a eu une méningite?...
ROBERT, en riant.
Une mélingitel...
MADAME JOUVENEL
Çi le r.iit rire? (\ part.) Et dire que plus leur santé nou<=î inquiète, plus nous les aimons, (changeant vivement de ton.) Toujours uu boii petit tub froid dès le réveil ?
MARIE
JJepuis quinze jours, tous les matins.
MADAME JOUVENEL, satisfaite.
C'est bien cela. C'est M. Trévoux qui vous a donné ce conseil, n'est-ce pas?
MARIE, faisant l'ignorante.
Monsieur Trévoux ?
se I t :ii:i M .. \iK 9 7
M\l)AMfc: JOUVEXKL.
Oui, monsieur Trévoux .. no cr.û.rnez pns de vous, confesser!... D'ailleurs jo piii-i vous l'avoiiur... G'e.st moi qui lui avais bleu rcco.a:iiaiiJé de vois le dire... Voyons, qui m'Hurait mise au courant, si ce n'esl jii? Je sais coaibien il vois aime, coîiibien vous méritez de l'être... et je siis au^sique depuis bientôt uoiin, il est le plus vieux cam ir.iJedu jeune homme que voiji. (uu temps.) Et muinlciiant, je vais me sauver.
ROBi:UT, vivement.
Oh ! déjà !
MAD-\ME JOU VLl.NLIf., en riant.
Oii ! déj u.. C'cstiju'il est trCs l)icn élevé! (a i;obert.) Cola tvnuuic?
Oui.
MAD.\ME JOUVENEL, n'avançant vers Marie.
.\llons... au revoir. Donnez-uioi voire main... (st.
comme Marie hésite.) Donnez ! (a Robert.) Au rCVOir,
mon adoré !... (a Marie.) Ah ! encore un mot cependant. . Il n'y a que monsieur Trévoux, mon fils et moi qui devons .savoir. . oui, il vous expliquera .. Bref, jusqu'à nouvel ordre et même dans l'avenir, il ne faut pas qu'on sache cliez moi... Alors, ]»riez Henri de ne pas avoir l'air trop heureux ce soir en r -nlr ml.
MAUIE.
Bien, madame... mais si par hasard on apprenait...
MADAME JOUVEXEL, sûre d'elle.
Mon mari! Non, soyez sans crainte, non. Et si cela arrivait, mon Dieu, j'irais jusqu'à commettre un petit mcnson^'e et je dirais...
MARIEj vivemont.
Que c'était pour nous séparer, peut-être?..
MADAME JOUVENEL
Oui... quelque chose comme ça... en attendant... Allons... au revoir!., au revoir, mon petit homme..
(Et sur le seuil de la porte avec un bon sourire.) Je revicn
drai.
Madame Jouvenel sort suivie de Marie, Robert reste seul une seconde, Marie revient, referme la porte avec précaution pour ne pas faire de bruit, s'essuie les jeux, puis elle se baisse, prend le petit dans ses bras et le couvre de baisers. Ceci fait, le teoantpar la main, elle va vers la porte de gauche, et tout en le faisant passer dans l'autre pièce, elle lui dit à mi-voix.
MARIE
Et sois bien sage. (Robert sort. — Un temps.) Et (lire
'qu'elle était là! Et maintenant il va falloir ne pas lavoir l'air gai du tout!.. Ça sera difficile. (Elle va vers
'^ porte de droite et l'ouvre.) Oui, VOUS pOUVez venir.