SCÈNE XT MARIE, JOUVENEL, HENIU
îouvenel passe d'abord la tête avant d'entrer. Il est pâle à faire peur et ses cheveux sont en désordre. Henri le suit.
JOUVENEL. inquiet et à mi-voix.
Eh bien ?
MARIE
Eh bien ?..
ACTl!; DEUXIÈME 99
JOUVENb-L, de même.
Jais parlez, mon enfant! Elle a... elle a tout uppri-, n'eRt-ce pas?
MARIE, l'air triste.
Non... monsieur.
JOUVEN'EL, souriant.
Via:..î
MARIE
Oa:, monsieur.
JOUVENEL, l'air sûr de lui.
Parbleu I Je me disais aussi..! Mais alors?
MARIE
Alors, vous avez deviné... on veut marier Henri et naturellement...
JOUVENELj l'air radieux et à part.
Ah ! je respire!
HENRI, vivement.
Alors ?
SI A RI E^ vivement, bas à Henri, et le sourire aux làrrM. Tais loi donc.
JOUVENELj en remettant les cheveux en urdre et à part.
Dieu que j'ai eu peur !
MARIE, bas à Henri qui est consterné.
Tu n'as pas encore l'air assez triste.
HENRI, qui ne comprend paa.
Pourquoi ?
JOUVENBL^ haut à Marie.
Elle a été sévère, n'est^e pas?
MARIE, l'air sincèr*.
Oh! oui, monsieur.
lOu LE SliCl;hl Dr. l'OLIulIl.NhLLE
JOUVENEL
C'était à prévoir... c'est une niére... et les ir.cros!.. Et quand je pense quj si j'élais parti d'ici, t'oni!i!<H; à l'ordinaire, à quatre heures juste, je la renconlrnis dans l'escalier! Quelle air.iire! (un temps.) Il est vra: que j'aurais pu lui dire que je venais pour le inèiiio motif. Maintenant on ne sait pas... on n'a pas to ijours des réponses toutes prêtes : on ne les trouve généralement qu'après... lorsque le danger est p is><'. Niuiporte, l'essentiel, mes enfants... (il s'intcnu,)i|..t
net en apercevant î.Jario qui est en train de regarder liiu; i en souriant.) GoinineiU, vous riez!
MA lll E, vivement.
C'est nerveux, monsieur.
JOUVENEL, à part.
Pauvre ]tctiLe! (uaui.) El ce])en.lant je vou^ .'iyb que madame Jouvenel n'est pas une nicchante femme.
MARIE, vivement et malgré elle.
Oh! non, monsieur.
JOUVENIÙL, attendri.
Ehl oui... VOUS comprenez, vous êtes une Liave petite fille!.. Ah! je n'ai pas besoin que vous uic répétiez aes p'aroles, allez! je les devine!.. 'Irri-'z, voulez-vous que je vous les dise à un mot près :'..
MARIE
Oui, mon-ieur.
Or, tandis qu'ils parlent, les deux jeunes gens se i :ipprocheut l'un de l'autre. A regarder Ma:ie ou K\ iio qu elle raconte à Henri ce qui vient de se passci . ]■*)• lit à petit, leur» figures s épanouissent, ils n tcu lUnt pas uu mot du récit de Jouvenel.
A<:TK OKLXIK.MK I0<
>IV'KNKI., jrrovcmont.
.H' • :i t i;i. sur ce r;iiilon 1, 11» iiiirn ! vous, dri>"ri. .li'Vîint ftlle... Et, siiiii»leîii«*nl. suis ot:in«les |)iir:i>cs : je suis la inrre «l'Ih'iiri, el j'ai [Mi-lf^ré vnir moi-même piulôL que de vous envoyer mou min. Mon fils vu se marier, il fa ul vous séparer.
.(^Ctfsl à ce motncni quo Mario et Henri s'embrassent.) Dites* VOUS donc adieu et tâchez de vous oublier, (cn loœjw.) Fuis très digne elle s'est levée... (s'ioterrompao: et se retournant ) Est-ce bien celu? Mais vous ne mécoutez pas, mon enfant f
MARIE, vivement.
Mais si, monsieur.
JOUVENEL
Ali>r>, est-ce biem cela?
' MARIE
vwï, monsieur.
Parbleu!.. Puis, très digne, elle s'est levée...
^UJCd coup de sonnette. La porte de droite s'ouvre aussitôt \^^ / et Martine entre suivie de Robert.
MARIE
Cette fois c'est sûrement M. Trévoux. C'est M. Trévoux, Martine.
MARTINE, on sortant avec Robert.
J'y v:is, madame.
JOUVENEL, rageur.
Ah 1 bien, pour celui-là par exemple!.. Allons, mes chers petits, courage, et dites-vous bien que je ferai lous mes elTorts, que j'emploierai toute ma finossi', toute u;on intelligence, mais je vous en prie,
quittez ces mines désolées !.. (On entend la voix de Tré-
T . Le voici.
ilC2 LE SECRET DE POLICUINKLLE