‹ Le secret de Polichinelle, comédie en trois actesChapitre 75 sur 92 · Î8 LE SECRET DE POLICHINELLE · texte numérisé non relu

Î8 LE SECRET DE POLICHINELLE

TRÉVOUX

Je VOUS ai fait de la peine?

MADAME SANTENAY.

Oui.

TRÉVOUX

Bien vrai?

MADAME SANTENAY.

Bien vrai.

TRÉVOUX

Non, sérieusement?

MADAME SANTENAY.

Sérieusement I

TRÉVOUX

Voyons... Gabrielle...

MADAME SANTENAY.

Ne m'appelez pas Gabrielle... Quand nous nous disputons... mon Dieu!., passe encore... mais...

TRÉVOUX, en essayant de lui prendre la main.

Chère aroie... Voyons...

MADAME SANTENAY, la retirant vivenaent.

Non... laissez.

TRÉVOUX

Ah ! bien... Si je m'attendais à cela, par exemple !

MADAME SANTENAY.

Ma parole, on dirait par moment que vous oubliez que je suis une femme honnête

TRÉVOUX

Quelle plaisanterie...

MADAME SANTENAY.

Un enfant... et je suis divorcée!.. C'est comme si vous me disiez...

ACTK lUulSltMfc; ÎV9

TRÉVOUX

C'est comme si je vous disais... ?

MADAME SANTBSAT.

Rien.

TRÉVOUX

Mais si, dites donc?

MADAME SANTENAY, s'énerTaat.

Dites donc... dites donc... je dirai si je veux d'abord.

TRÉVOUX

Ça, c'est certain. '

: C'est un peu fort tout de même! Je jiarlerai si c'est mon bon plaisir.

' TRÉVOUX

i C'est évident.

MADAME SANTENAT.

Vous verrez qu'un beau jour nous finirons par nous fâcher. '

TRÉVOUX

Non !

MADAME SANTENAY.

Si.

TRÉVOUX

Non!

MADAMT: SANTENAY.

Je vo!m ilHîiiinil»' j) irdon.

TUKVOUX.

Je vous pardonne.

MADAMh: SANTBNAY, riant malgré «11*.

Tenez, vo;;s clos par tio;» bote!

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THKVOUX.

Quand j'étais tout petit, ma grand'mère, nprèm'avoir grondé, riait comme vous venez de rire e après m'avoir dit: Tues jiar trop Lête... elle ajou tait toujours : Viens m'embrasser.

MADAME SANTENAY.

Oui, mais moi, je ne suis pas votre grand'mère !

TRÉVOUX

C'est dommage ! Pendant un instant c'eût été charmant.

MADAME SANTENAY.

Pour vous.

TRÉVOUX

Naturellement, (une pause et l'air sérieux.) AllOUS,

chère amie, excusez-moi si depuis trois ou quatre années déjà je vous ai froissée ])arfois et taquinée souvent. Le temps effacera tout cela. Votre main, voulez-vous?

MADAME SANTENAY.

Qu*est-ce qui vous prend ?

TRÉVOUX

Il me prend que je vous dis adieu, car il me faut vite retourner chez moi afin de terminer mes préparatifs.

MADAME SANTENAY.

Quels préparatifs?

TRÉVOUX

Mes malles si vous préférez.

MADAME SANTENAY, légèrement inquiète et très douce*

Vous partez donc?

TRÉVOUX

Je pars!

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