ACTE TROISIEME ii
JOUVENEL, de même.
Mais tais- toi donci
TRÉVOUX
En bon égoïste que tu es, tu l'es dit: J'ai déniché un trésor, inutile que d'autres en profitent. Ta femme^ grâce à ton manque de franchise, a semé, sans s'en douter, le chagrin autour d'elle. Car elle a été chez Marie, elle aussi! Elle a parlé de marier Henri et d'une séparation nécessaire... et tu t'es tu!
JOUVENEL
Mon vieux Trévoux, voyons.
TRÉVOUX
Aujourd'hui, tout s'écroule autour de cette petite, alors qu'hier encore elle voy;iit son avenir se meubler d'espérances! Bref, elle est partie! C'est fini! Nous ne la reverrons plus! L'ange s'est envolé.
JOUVENEL
Ecoute, mon bon Trévoux.
Non, laisse-moi.
JOUVENEL
Enfin, te doutes-tu de ce qu'elle a pu faire et où elle a pu aller?
TRÉVOUX
Gomment veux-tu que je m'en doute? Sait-on jamais ce dont est capable une enfant de vingt ans... quand elle aime!
JOUVENEL, les bras au ciel.
Mais c'est effrayant.
TRÉVOUX
Et quand nous la retrouverions, cela nous avancerait à quoi? Je me le deiuuude.-
li% LE SEGHET DE POLICHINELLE
JOUVENEL
A la revoir, elle et le petit, parbleu I
TRÉVOUX
C'est tout?
JOUVENEL
Ce serait déjà ça !
TRÉVOUX
Bah ! laissons les choses suivre leur cours. Ecoute ta femme et marie au plus tôt ton fils avec mademoiselle Langeac.
Mais je ne le veux pas.
TRÉVOUX
Allons donc, elle est charmante après tout.
JOUVENEL
Mais elle n'a pas d'enfant!
TRÉVOUX
Tu ne voudrais pourtant pas qu'elle en ait un avant pour te faire pl^iisir.
JOUVENEL
Non ! Tu n'ignores pas que mon plus grand bonheur eût été de réunir ces deux enfants-là! Si j'étais seul maître, je me moquerais de l'opinion publique. Après tout, comme l'a dit je ne sais plus qui, il n'y aurait pas tant de mariages malheureux si les hommes épousaient selon leur cœur I
TRÉVOUX
Tu vas un peu loin.
JOUVEXEU
C'est comme ça que je suis.