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168 LE SECRET DE WELHELM STORITZv
tanénient, crois-le bien; Elle reprendra possession de son inteK ligenae^ elle reviendra à elle,ittoi,oà ( tous les siens..,
.— - Tu veux que je ne désespère pas, nie répondit Marc, d'une voix étouffée; par les sanglots .Mais;, quand bien même ma pauvre Myra . recouvrerait la raison; ne . serarkelle; pas toujours à la merci de ce monstre ? Grois-tu donc, que sa haine soit apaisée par ce qu'il a fait jusqu'ici ? Et; s'il veut pousser plus loin sa vengeance.?. ..^ S'il vetit?.r. Tu. me. comprends-, Henri. >.. IL peut tout, et nous sommes sans défense. contre, lui;.
— Non, m'écriai-je, non, Marc, il n'est pas impossible de le combattre.
: — E t comment ? ,, Comment ?.'. . reprit. Marc en s'animant . , N on ,• Henri, tu ne dis ,pas ; ce f que tu penaes.: Non! nous sommes désarmés devant ce misérable. Nous ne. pouvons lui échapper qu'en nous enfermant dans une, prisom. Et: rien ne dit, qu'il n'arrivera pas, malgrétout, à pénétrer dans Thôteh
L'exaltation de. Marc ne me permettait plus, de lui répondre-. H n'écoutait que lui. Il ajouta, en m'étreignant les mains :
— Qui te dit que nous sommes seuls en ce; moment? Je ne vais pas d'une chambre à l'autre, dans le salon, clans la galerie, sans me dire qu'il me suit peut-être L. IL me semble que quelqu'un marche près do moi.... quelqu'un qui m'évite;.. qui recule lorsque j'avance.., et qui disparaît quand, je veux Je saisie... . -
Tout en parlant d'une voix saccadée, Marc avançait, . reculait,, comme s'il eût été à la poursuite d'un être invisible. Je ne savais plus que faire pour le calmer. Le mieux, eût été clê l'entraîner hors- de l'hôtel,, de remmener; loinj bien loin....
— Qui sait,, reprit-il, s'il n'a pas surpris .tout ce: que; nous venons de dire? Nous le croyons; loin i; Il est peut-être ici. Tiens ! .. . derrière -cette porte, j'entends, des pas. ... IL est .là.- . . Viens !;. , frappons ! . . Tuons ! . .. Mais est-ce possible ?. . . Ce monstre, la mort; a-t- elle; prise: sur lui?. >>'
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LE S10KEÏT BË V^BEMÏ S^OMTl.
« Derrière- cette porte, j'enteucls des pas..* » (Page lti8.)
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Voilà où en était mon frère ! N'avais-ja pas lieu de redouter que* dans une- de ces crises, sa raison ne succombât comme avait succombé celle- de Myra ? " :
Pourquoi- MlaiM qu'Otto Storitz eût fait cette; découverte; maudite? Pourquoi- Mlait-il quMJ eut mis une telle arme entre les m&m;s de l'homme déjàtrop.armé pour le mal!
En vule^ la situation n^s-amélioraitpas*^ Bien qû'auçurt autre
incident ne se fût produit depuis que Wilhelm Storitz avait pour ainsi dire crié du haut du beffroi ; « Je suis là», l'épouvante avait envahi toute la population. Pas une maison qu'on ne crût hantée par l'invisible. Les églises n'offraient môme pas un asile où l'on pût se réfugier, après ce qui s'était passé à la cathédrale. Les autorités essayaient en vain de réagir, elles n'y réussissaient pas, car on est sans pouvoir contre la terreur.
Voici un fait, entre cent autres, qui montre à quel degré d'affolement les esprits en étaient arrivés.
Le 12, dans la matinée, j'avais quitté l'hôtel pour aller voir le chef de police. En débouchant dans la rue dut -prince Miloch, deux cents pas avant la place Saint-Michel, j'aperçus le capitaine Har al an. L'ayant rejoint :
« Je vais chez M. Stepark, lui clis-je. M'y accompagnez-vous, capitaine?
Sans me répondre, machinalement, il prit la même direction que moi. Nous approchions de la place Kurzt, lorsque des cris d'effroi se firent entendre.
. Un char à bancs attelé de deux chevaux descendait la rue avec une vitesse excessive. Los passants se sauvaient à droite et à gauche. Sans, doute le conducteur avait été jeté à terre, et les chevaux, abandonnés à eux-mêmes, s'étaient emportés.
Eh bien ! le. croirait-on, l'idée vint à quelques passants, non moins emballés que l'attelage, qu'un être invisible conduisait cette voiture, et que Wilhelm Storitz en occupait le siège. Ce cri arriva jusqu'à nous :
« Lui... lui !.. c'est lui ! »
Je n'avais pas eu le temps de me retourner vers le capitaine Haralan, que celui-ci n'était déjà plus à côté de moi. Je Je vis se précipiter à la rencontre du char à bancs, dans l'évidente .intention de l'arrêter au moment où celui-ci passerait près elè; lui. ■.
La rue était très fréquentée à cette heure. Le nom de Wilhelm Storitz retentissait de toutes parts. Des pierres volèrent contre.
l'attelage emporté. Telle était la surexcitation puhlïque, que des coups de mousquet partirent du magasin situé à l'angle de la rue >:
du Prince Miloch. y^
Un des chevaux tomba, frappé d'une balle à la cuisse. La voi- .->i
ture, heurtant le corps de l'animal, fut culbutée.
Aussitôt, la foule de s'élancer, de s'accrocher aux roues, à la v âj|
caisse, aux brancards. Cent bras s'ouvrirent pour saisir Wilhelm Storitz... Ils n'étreignirent que le vide. . ,.£
Le conducteur invisible avait-il donc réussi à sauter du char à bancs, avant que celui-ci n'eût été renversé, car on ne pouvait pas douter qu'il avait voulu épouvanter la ville une fois de plus. , '
Il n'en était rien, il fallut bien le reconnaître. Bientôt accourut un paysan de la puszta, dont les chevaux, arrêtés au marché Coloman, s'étaient emportés en son absence-. Quelle ne fut pas sa colère, lorsqu'il vit l'un d'eux étendu sur le sol ! On ne voulait pas l'entendre, et je crus que la foule allait maltraiter ( ce pauvre homme que nous eûmes quelque peine à protéger contre ces aveugles fureurs.
J'entraînai le capitaine Haralan, qui me suivit sans mot dire à la Maison de Ville.
M. Stepark était déjà informé de ce qui venait de se passer rue du Prince Miloch.
« La ville est affolée, me dit-il, et on ne peut prévoir jusqu'où ira cet affolement.
Je posai mes questions habituelles :
— Ayez -vous appris quelque chose de nouveau?
— Oui, répondît M. Stepark, on m'a informé de la présence de Wilhem Sfcoritzà Spreiuberg.
. — A Spremberg ! . . s'écria la capitaine Haralan, en se retournant vers moi. Partons I J'ai votre promesse.
Je ne savais que répondre, car j'étais certain de l'inutilité de . ce voyage. : -.. -.■■/'.
-^ Attendez,: capitaine, intervint M. Stepark. J^ai demandé à
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m LR SECRET DE WI&BELM: STQMTZ.;
Sprembergla confirmation de cette nouvelle, et un courrier doit m' arriver dvuninstànt; à l'autre.
Une demi-heure ne s'était pas écoulée que le planton remettait au chef de.poliee un pli> apporté à- franc étrier. La nouvelle; ne reposait sur rien de. sérieux. Non, seulement la présence- de Wilhelni Storitz iVavait pas. été constatée à= Spremberg, mais on* croyait qu'il n'avait jamais dû quitter Ragz.
Deux jours s'écoulèrent sans qu'il; se produisît aucun changea ment dans- l'état de Myra Roderich; Quant à mon frère, il .me parut' unpeu^ plus calme. Moi, j'attendais l'occasion d'entretenir le docteur d'unprojet de départ auquel j'espérais le rallier.
La^ journée du 14juin fut- moins- paisible que les précédentes. |
Lie s autorités sentirent, cette fois , 1 eur impuis sance à retenir |
une foule montée à un tel degré d'exaltation. §
Vers onze heures, alors; que je me promenais sur le quai f
Batthyiani, cespropos frappèrent mon oreille :
« Il ;est revenu.-., il est revenu !.. »
Qui était cet « il », cela se devinait, et, des deux ou trois; pas^ sants. auxquels je- m'adressai* :
« On vient de voir une fumée à la cheminée -de sa maison ! dit l'un,
— On a vu sa figure derrière les rideaux du belvédère! » affirma l'autre.
Qu'il fallût ou non ajouter foi à ces racontars, je me dirigeai vers le boulevard Tékéli. :
Et pourtant, quelle apparence que Wilhelm Storitz se fût si imprudemment montré? Il ne pouvait ignorer ce qui l'attendait ■ si TQn parvenait à mettre la main sur lui. Et il aurait couru ce risque^ lorsque rien ne Vy obligeait ? Use serait laisse apercevoir a Tune des fenêtres de >s6n : habitation? . .
Vraies ou fausse, la. nouvelle avait 1 produit son effet. Lorsque j'arrivai, plusieurs milliers de personnes, que le cordon d'agents s'efforçait inutilement de contenir^ entouraient déjà la maison
U>'E HEURE APRÈS IL l^EN RESTAI'^ PLUS QUI5 LHS QUATRE MURS. (Page 173.)
llî SECRET Dlï WIUIKLM ST0P.1TZ.
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par le boulevard et par le chemin de ronde. De tous les côtés accouraient des masses d'hommes et de femmes, surexcités au dernier point et faisant entendre des cris de mort.
Que pouvaient les arguments devant cette conviction, irraisonnée mais indéracinable, qu'il était là, « lui! », et peut-être avec toute la bande de ses complices invisibles ? Que pouvait la police contre cette foule innombrable qui assiégeait la maison maudite de si près, que Storitz, s'il y était enfermé, ne parviendrait pas à s'enfuir? D'ailleurs, si Wilhelm Storitz avait été aperçu aux fenêtres du belvédère, c'était sous sa forme matérielle. Avant qu'il ait réussi à se rendre invisible, il serait pris, et, cette fois, il n'échapperait pas à la vengeance populaire.
Malgré la résistance des agents, nialgré les efforts du chef de police, la grille fut forcée, la maison envahie, les portes enfoncées, les fenêtres arrachées, les meubles jetés dans le jardin et dans la cour, les appareils du laboratoire mis en pièces. Puis, les flammes jaillirent du rez-de-chaussée, gagnèrent l'étage supérieur, tourbillonnèrent au-dessus de la toiture, et bientôt le « belvédère s'écroula dans la fournaise.
Quant à Wilhelm Storitz, c'est en vain qu'on l'avait cherché dans l'habitation, dans la cour, dans le jardin. Il n'y était pas, ou, du moins, il fut impossible de le découvrir.
Maintenant, l'incendie allumé .en dix endroits anéantissait sa maison. Une heure après, il n'en restait plus que les quatre murs.
Peut-être valait-il mieux, en somme, qu'elle fût détruite. Qui sait s'il ne s'ensuivrait pas une détente des esprits, si la population ragzienne n'en arriverait pas à croire que Wilhelm Storitz, tout invisible qu' il fût, avait p éri dan s 1 es flamme s ?
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Après la destruction de la maison Storitz, il m'a semblé que la surexcitation de Ragz s'était quelque peu calmée. On se rassurait en ville. Ainsi que je l'avais supposé, un certain nombre d'habitants inclinaient à croire que le « sorcier » se trouvait réellement dans sa demevire au moment où elle était envahie par la foule, et qu'il avait péri au milieu des flammes.
La vérité est qu'en fouillant les décombres, en remuant les cendres, on ne découvrit rien qui fût de nature à justifier cette opinion. Si Wilhelm Storitz. avait assisté à l'incendie, c'était de quelque endroit où le feu ne pouvait l'atteindre.
Cependant, de nouvelles lettres reçues de Spremberg* s'accordèrent sur ce point : c'est qu'il n'y avait pas reparu, que son serviteur Hermann n'y avait pas été signalé, et qu'on ignorait absolument où tous deux s'étaient réfugiés.
Par malheur, si un calme relatif régnait clans la ville, il n'en était pas ainsi à l'hôtel Roderich. L'état mental de notre pauvre Myrà ne s'améliorait aucunement. Inconsciente, indifférente aux soins qu'on ne cessait de lui donner, elle ne reconnaissait personne. Aussi les médecins n'osaient-ils exprimer le moindre espoir. *: .'*"•■-.'
Toutefois, bien qu'elle fût touj'ours d'une extrême faiblesse,, sa vie ne paraissait pas menacée. Elle restait étendue sur son lit, presque sans mouvement, pâle comme une morte. Si l'on essayait de la soulever, des sanglots gonflaient sa poitrine, l'effroi se peignait dans ses yeux, ses bras se tordaient, des phrases décousues s'échappaient de ses lèvres. La mémoire lui revenaitelle alors? Revoyait-elle, au milieu des troubles de son esprit,
les scènes de la soirée de fiançailles, les scènes de la cathédrale? Entendait-elle les menaces proférées contre elle et contre Marc? IL eût été désirable qu'il en fût' ainsi, et que son intelligence eût conservé le souvenir du passé. •
On voit quelle était l'existence de cette malheureuse famille. Mon frère ne quittait pas l'hôtel. Il restait près de Myra, avec le docteur, avec M mc Roderich, faisant prendre de sa main -à la malade un peu de nourriture, cherchant sans cesse si quelque lueur de raison reparaissait dans son regard:
L'après-midi du 16, j'errais seul par les rues de la ville, au hasard. L'idée me vint de passer sur la rive droite du Danube. C'était une excursion toujours projetée, que les circonstances ne m'avaient pas encore permis de faire, et dont je ne profiterais guère, d'ailleurs, dans l'état d'esprit où je me trouvais. Je me dirigeai donc vers le pont, je traversai l'ile Svendor, et je mis le pied sur la rive serbienne. '
Ma promenade se prolongea plus que je n'en avais l'intention. Les horloges avaient sonné la demie de huit heures quand je revins au pont, après avoir diné dans un cabaret serbe riverain du fleuve. Je ne sais quelle fantaisie me prit alors. Au lieu de rentrer directement, je ne franchis que la première partie du pont, et je descendis la grande allée centrale de l'ile Svendor. A peine avais-je fait une dizaine de pas, que j'aperçus M. Stepark, Il était seul, il m'aborda, et la conversation s'engagea aussitôt sur le sujet qui nous préoccupait tous les deux.
Notre promenade durait depuis une vingtaine de minutes,
lorsque nous atteignîmes la pointe septentrionale de l'île. La
nuit achevait de tomber, l'ombre s'épaississait sous les arbres
■ et dans les allées désertes. Les chalets s'étaient fermés 7 , et nous
ne rencontrions plus personne.
L'heure était venue de rentrer à Ragz, et nous allions nous y décider, lorsque quelques paroles arrivèrent à nos oreilles. . Je m'arrêtai soudain, et j'arrêtai M. Stepark en le saisissant
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176 LE 'SECRET IDE WïLHEÔf STORITZ,
parle bras, puiSj me penchant de manière à n'être entendu que de lui :■'■..-'"
« Ecoutez !.. On parle... et cette voix. ^c ? est£a voix de Wilhelm Steritz.
— Wilhelm Storitz ! répondit le chef de police sur le même ton.
— Oui.
— Il ne lions a pas aperçus.
— Non, la nuit égalise les chances et nous rend invisibles comme lui.
Cependant la voix continuait à parvenir jusqu'à nous, indistincte^, les voix plutôt, car il y avait sûrement deux interlocuteurs;
— Il n'est pas seul, murmura M. Stepàrk.
— Non... , Son serviteur probablement.
M. Stepark m'entraîna sous le couvert des arbres, en se courbant au ras du sol. Grâce à l'obscurité qui nous protégeait/ peut-être pourrions-nous approcher les causeurs d'assez près pour* entendre sans être vus.
Bientôt nous étions cachés à dix pas environ de l'endroit où devait se trouver Wilhelm Storitz. Naturellement nous ne vîmes personne, mais nous nous y attendions,; et cela ne nous causa aucune déception.
Jamais pareille occasion ne s ? était encore offerte de savoir où demeurait notre ennemi depuis l'incendie de sa maison, d'apprendre ce qu'il pi^ojetait, voire de s'emparer de sa personne.
Il ne pouvait soupçonner que nous fussions là, l'oreille tendue. . Â demi-couchés entre les branches, osant à peine respirer, nous écoutions avec une indicible émotion les paroles échangées, plus ou moins distinctes selon que le maître et le serviteur s'éloi^gnaiènt ou se rapprochaient en se promenant le long du massif. Voici la première phrase qui nous arriva, prononcée par Wilhelm Storitz :
« Nous pourrons y entrer dès demain ?..
Nous écoulions avec une indicible émotion... (Page 170.)
— Dès demain, répondit son interlocuteur invisible, — le serviteur Hermann selon toute vraisemblance — et personne ne saura qui nous sommes.
— Depuis quand es-tu revenu à Ragz ?
— Dépuis ce matin.
■ ■ — Bien... Et cette maison, elle est louée?..
— Sous un nom de fantaisie.
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— Tu es certain que nous pouvons l'habiter au vu et au~su cle tous, que nous ne sommes pas connus à...
Le nom de la ville qu'allait prononcer Wilhelm Storitz, à notre. grande déception, il nous fut impossible de le distinguer. Mais, des. mots entendus, il résultait ceci, . cpie notre adversaire comptait reprendre l'apparence humaine dans un délai plus ou moins long. Pourquoi commettait-il celle imprudence ? Je supposai que son invisibilité ne pouvait être maintenue au delà d'un certain temps sans devenir préjudiciable à sa santé. Je. donne pour ce qu'elle vaut cette explication qui, me paraît plausible, mais que je n'eus jamais l'occasion de vérifier,
Lorsque les voix se rapprochèrent, Hermann disait, achevant une phrase commencée :
— La police de Ragz ne. nous découvrira pas sous ces
noms-là.
La police cle Ragz?,. C'était donc dans une ville hongroise qu'ils allaient encore habiter ?
Puis le bruit des pas diminua, et ils s'éloignèrent, ce qui permit à M. Stepark de nie-dire :
— Quelle ville?., quels noms?.. Voilà ce qu'il faudrait apprendre.
Avant que je n'eusse eu le temps de répondre, les deux causeurs se rapprochèrent et firent halte à quelques pas de nous.
— Ce voyage de Spremberg, interrogeait Hermann,. est-il donc absolument nécessaire ?
— Absolument, puisque c'est là que mes fonds sont déposés. Ici, d'ailleurs, je ne me montrerais pas impunément. Tandis que là-bas.
— Auriez-vous l'intention de vous y laisser voir en chair et
en os?
— Le moyen de l'éviter?.. Personne iie payerait, j'imagine,
sans voir le preneur.
Ainsi clone, ce que j'avais prévu se réalisait. Storitz était
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acculé à une de ces situations où l' invisibilité cesse d'être un avantage. II -manquait d'argent, et, pour s'en procurer, il lui fallait renoncer à son pouvoir.
Cependant, il continuait :
— Le pis, c'est que je ne sais comment faire. Ces imbéciles ont détruit mon laboratoire, et je ne possède pas un seul flacon n° 2, Heureusement, ils n'ont pu découvrir la cachette du jardin, mais elle est sous les décombres, et. j'ai besoin de toi pour la dégager.
— À vos ordres, fît Hermann.
— Viens après-demain matin vers dix heures. Le jour ou la nuit, c'est la même chose pour nous, et au moins nous y verrons clair.
— Pourquoi pas demain?
— Demain, j'ai autre chose à faire. Je médite un coiip de ma façon, dont ne s'applaudira pas quelqu'un que je sais. .
Les deux interlocuteurs reprirent leur pi-omenade. Quand ils revinrent :
— Non, je ne quitterai pas Ragz, disait Wilhelm Storitz d'une voix où grondait la colère, tant que ma haine contre cette famille ne sera pas assouvie, tant que Myra et ce Français...
Il n'acheva pas, ou plutôt ce fut comme un rugissement qui s'échappa de sa poitrine. A ce moment, il passait tout près de nous. Peut-être eût-il suffi d'étendre la main pour le saisir. Mais notre attention fut alors attirée par ces paroles ci 1 Hermann.
— On sait maintenant à Ragz que vous avez le pouvoir de vous rendre invisible, mais on ignore par quel moyen.
— Et cela-, on l'ignorera toujours, répondit Wilhelm Storitz. Ragz n'en a pas fini avec moi. Parce qu'ils ont brûlé ma maison, ils croient qu'ils ont brûlé mes secrets !.. Les fous !.. Non, Ragz n'évitera pas ma vengeance, et je n'en laisserai pas pierre sur pierre !..
Cette phrase si menaçante pour la ville était à peine prononcée,
-iï *ï*