‹ Le secret de Wilhelm StoritzChapitre 7 sur 29 · SH · texte numérisé non relu

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es mon grand frère. •

— Ton meilleur ami, Marc

— Aussi, Henri, tu. le comprends, mon mariage ne pouvait s'accomplir sans que tu fusses là, près de moi!.. Ne devais-je

ij^.f. pas, d'ailleurs, te demander ton consentement?

— Mon consentement ?

|| .'../' — Oui, comme je le demanderais à notre père, s'il était là.

Mais, pas plus que lui, tu n'aurais eu à me le refuser, et, quand tu la connaîtras. . .

— Je le crois bien! s'écria mon frère, et ce n'est point sa faute, mon cher Henri, si la Dorothée n'a pas fait ses dix lieues à l'heure depuis ton départ de Vienne! »

|m . A noter que le capitaine Haralan parlait couramment le fran-

çais, comme son père, sa mère, sa sœur, qui avaient voyagé en. France. D'autre part, puisque Marc et moi nous avions une parfaite connaissance de la langue allemande, avec quelque teinture ] de la langue hongroise, dès ce jour-là et dans la suite nous | pûmes converser indifféremment dans ces diverses langues, qui J

s'entremêlaient parfois. f

Une voiture prit mon bagage. Le, capitaine Haralan et Marc f

y montèrent avec moi, et, quelques minutes iaprès, elle s'arrêta |

devant l'hôtel Temesvar. . fj

Rendez-vous fixé au lendemain pour ma première visite à la |f

famille Roderich, je restai seul avec mon frère, dans une chambre ||

assez confortable, voisine clo celle qu'il occupait depuis son in- fj

stallation à Ragz, §j

Notre entretien se poursuivit jusqu'à l'heure du dîner.

<c Mon cher Marc, lui' clis-je, nous voici clone enfin réunis

tous deux en bonne santé, n'est-ce pas?.. Si je ne me trompe,

c'est une grande année qu'aura duré notre séparation.

— Oui, Henri, et le temps m'a paru long, bien que la présence de ma chère Myra en ait joliment abrégé les derniers mois... Mais, te voilà, et l'absence ne m'a pas fait oublier que tu

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LE SECRET DE WILHBLM STOBITZ.

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— Je la connais déjà par tes lettres, et je sais que tu es heureux.

— Plus que je - ne saurais dire. Tu la verras, tu la jugeras, et tu l'aimeras, j'en suis sûr !- C'est la meilleure des soeurs que je te donne.

— Et que j'accepte, mon cher Marc, sachant d'avance que tu ne peux faire qu'un choix excellent. Mais pourquoi ne pas rendre visite au docteur Roderich dès ce soir?

— Non, demain... Nous ne pensions pas que le bateau arriverait de si bonne 'heure, et on ne t'attendait que dans la soirée. C'est seulement par excès de prudence que nous sommes venus sur le quai, Haralan et moi, et bien nous en a pris, puisque nous avons assisté au débarquement. Ah! si ma chère Myra avait su!.. Comme elle regrettera!.. Mais, je le repète, tu n'es attendu que pour demain. M 1,IC Roderich et sa iille ont disposé de leur soirée, et demain elles t'en feront toutes leurs excuses.

— C'est convenu, Marc, répondis-je, et puisque nous nous appartenons pour quelques heures aujourd'hui, employons-les à catxser, à parler du passé et de l'avenir, à échanger tout ce que. deux frères peuvent avoir de souvenirs, après une année de séparation.

Marc me raconta alors son voyage depuis qu'il avait quitté Paris, toutes ses étapes marquées par le succès, son séjour à Vienne, à Presbourg, où les portes du monde artiste s ? étaient grandes ouvertes devant lui. Il ne m'apprit rien, en somme. Un portrait signé de Marc Vidal ne peut être que très- recherché, très disputé, et avec la même ardeur par les riches- Autrichiens: que par les riches Magyars.

— Je n'y pouvais suffire, mon cher Henri. Des demandes et même des enchères de toutes parts! Que vexix-tu, le mot avait été dit par un brave' bourgeois de Presbourg ; « Marc Vidal fait plus. ressemblant que nature. » Aussi, ajouta mon frère en plai-

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tif — Qui sait? m'écriai-je. Lorsqu'un peintre est plus préoccupé

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santant, il ne më parait pas impossible qu'on m'enlève un de ces

jours pour portraiturer toute la Cour de Vienne!

— Prends garde, Marc, prends garde! Voilà qui t'occasionne-

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Il rait quelque embarras s'il te fallait maintenant quitter Ragz pour

te rendre à la Cour !

— Je déclinerais l'invitation le plus respectueusement du monde, mon ami. A présent il ne peut être question -de portraits... ou plutôt je viens d'achever le dernier.

— Le sien, n'est-ce pas ?

j f — Le sien, et ce n'est sans doute pas ce que j'ai fait de plus mal .

du modèle que du portrait...

— Enfin, Henri, tu verras !.. Je te le répète : plus ressemblant, que nature!.. C'est mon genre, paraît-il... Oui, tout le temps que ma chère Myra posait, mes yeux ne pouvaient se détacher d'elle. Mais elle ne plaisantait pas. Ce n'était pas au

|:| fiancé, c'était au peintre, qu'elle entendait consacrer ces heures

■ |;|; trop courtes... Et mon pinceau courait, sur la toile... Avec

quelle passion!.. Parfois, il me semblait que le portrait allait || . s'animer, prendre vie, comme la statue de Galathée...

— Du calme, Pygmalion, du calme. Dis-moi plutôt comment tu es entré en relation avec la famille Roderich.

!! S: — C'était écrit.

— Je n'en doute pas, mais encore...

— Plusieurs salons de Ragz m'avaient fait l'honneur de m'admettre dès les premiers jours 'de mon arrivée. Rien ne pouvait m' être plus agréable, ne fût-ce que pour y passer les soirées tou-

i jours longues dans une ville étrangère. Je fréquentais assidû-

ment ces salons où je trouvais bon accueil, et c'est dans l'un d'eux que j'ai renouvelé connaissance avec le capitaine Haralan.

— Renouvelé?.* demandai-je. ' -— Oui, Henri, car je l'avais déjà plusieurs fois rencontré à

K;|- Pest. Un officier du plus grand mérite, destiné à un bel avenir,

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en même temps le plus aimable des hommes, et auquel il n'a manqué, pour se conduire en héros lors des guerres de Mathias Cor vin...

— Que d'être né à cette époque! répliquai-je en riant.

— Comme tu dis, reprit Marc sur le même ton. Bref, ici nous nous sommes vus tous les jours, et nos relations d'abord un peu vagues se sont peu à peu changées en une étroite amitié. Il a voulu me présenter à sa famille, et j'ai accepté d'autant plus volontiers que j'avais déjà rencontré Myra dans quelques réceptions, et...

— Et, continuai -je, la sœur n'étant pas moins charmante que le frère, tes visites se sont multipliées à l'hôtel .du docteur Roderich...

■ — Oui, Henri, depuis trois mois, je n'ai pas laissé passer une soirée, sans m'y rendre. Apres Gela, lorsque je parle de ma chère Myra, peut-être crois-tu que j'exagère...

— Mais non, mon ami, mais non ! tu n'exagères pas. Je suis certain qu'il ne serait pas possible d'exagérer en parlant d'elle. Et même, si tu veux connaître mon avis sincère, je t'avouerai que je te trouve modéré.

— Ah! cher Henri, que je l'aime!

— Cela se voit. D'autre part, je suis satisfait de penser que tu vas entrer dans la plus honorable des familles...

— Et la plus honorée, répondit Marc. Le docteur Roderich est un médecin très estimé, et ses confrères font de lui le plus grand cas. En même temps le meilleur des hommes et bien digne d'être le père...

— De sa fille, dis-je, comme M nie Roderich est non moins digne, sans doute, cl?en être la mère.

— Elle! l'excellente femme ! s'écria Marc. Adorée de tous les siens, pieuse, charitable, s'occupant de. bonnes œuvres...

— Une perfection, quoi ! et qui sera une belle-mère comme il ne s'en trouve plus en France, n'est-ce pas, Marc ?

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